Abdellah Taïa: au-delà de la honte

Parution. Dans un roman plein d’amertume, Abdellah Taïa décrit les failles d’une société française clivée et génératrice de folie.

Par

Mounir, 40 ans, orphelin depuis peu, s’est installé dans un élégant deux-pièces de la rue de Turenne, en plein cœur de Paris. À l’étage au-dessus, Madame Marty, 80 ans, tourne dans son minuscule studio comme un lion en cage.

La vie lente
, Abdellah Taïa
Seuil, 272 p., 
135 DH

Au début, c’est l’entente, voire la complicité entre ces deux âmes esseulées. Puis la relation se dégrade: Mounir ne supporte pas de l’entendre marcher, elle ne cesse de lui reprocher de lui faire peur. C’est le dérapage: “Quelque chose d’absolument atroce, de définitif, devait être dit pour qu’enfin nous soyons satisfaits. Ce n’était plus une dispute mais un combat.” Deux ans après les assassinats à Charlie Hebdo, une simple dispute de voisinage se charge de tous les relents de peur et de haine de son temps.

Refus des ghettos

Je n’aurais pas dû prononcer cette phrase.” Le dixième roman de Abdellah Taïa…

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