Les Pamistes s'écharpent mais gardent espoir

Les Pamistes s'écharpent mais gardent espoir

La 24e session du Conseil national du parti du tracteur a été ponctuée le 5 mai par des rixes verbales. Au bout du compte, la liste du comité préparatoire du prochain congrès a été actée, augurant d'« un nouveau départ » inespéré pour les pamistes.

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Tensions lors du conseil national du PAM. © Rachid Tniouni

Sans surprise, la 24 session du Conseil national du PAM a été rythmée par des escarmouches et prises de bec entre clans rivaux. Avant même le début des travaux, une partie des membres du conseil national a vivement contesté la présidence de la session du 5 mai qui s’est tenue au Palais des congrès de Salé. Absente pour des raisons de santé, Fatima-Zahra El Mansouri, présidente de l’instance, a chargé Abdelmoutaleb Amiar de diriger les travaux de cette réunion à sa place, mais des voix se sont soulevées contre ce choix. Aux yeux des contestataires, ce membre du secrétariat du Conseil national n’a pas de « légitimité » pour mener la présidence de cette séance.

« Les protestations étaient légitimes, car elles relevaient d’une problématique légale plutôt que de la surenchère ,» lance Samir Goudar vice-président du conseil fédéral du parti. Et à Hassan Benaddi, ancien secrétaire général du PAM et signataire de l’appel à la responsabilité de rassurer : « On a très vite trouvé une solution; on a décidé de désigner Mohamed Cheikh Biadillah et la salle a acclamé ce choix ».

Tensions lors du conseil national du PAM. © Rachid Tniouni

Autre incident anecdotique, mais révélateur de l’état d’esprit au sein du parti du tracteur, l’entêtement de Addi Al Hiba, un membre du parlement du PAM, à se montrer sur l’estrade aux côtés des cadors du parti à savoir Hassan Benaddi, Ahmed Akhchichine, Hakim Benchamach, Mohammed Cheikh Biadillah et Mehdi Bensaïd (qui a été choisi par Fatima-Zahra El Mansouri pour lire son allocution). «  On n’a pas vu de chaises ou d’assiettes volées, il n’y a pas eu d’empoignades, mais simplement des querelles de potaches qu’on a très vite dépassé. C’est un incident futile, un non-évènement pour moi, » commente le premier secrétaire général du PAM Hassan Benaddi.

Malgré les tensions, le PAM garde la pêche

Avant d’acter la liste des membres du comité préparatoire du prochain congrès du parti, cette session du Conseil national a été marquée par la présentation des bilans respectifs du bureau politique, du bureau fédéral et des deux groupes parlementaires de la formation, mais aussi par des interventions critiques envers la situation actuelle du PAM.

« Il y a eu des accrochages verbaux, mais ça nous a permis de discuter à bâtons rompus. Plusieurs membres du Conseil national ont d’ailleurs fait part de leurs appréhensions face aux 5B (en référence aux signataires de l’appel à la responsabilité, NDLR) et ce que cache véritablement cette sortie médiatique. D’autres ont préféré insister sur la nécessité de préparer l’avenir de notre parti » nous confie un responsable au PAM. Mehdi Bensaïd ajoute : « malgré un début électrique, ce conseil national a été l’occasion de briser la glace sur certains sujets comme l’appel à la responsabilité, mais aussi de poser les bases d’un nouveau départ ».

Ce « nouveau départ » repose, selon plusieurs membres du parti, sur la tenue du 4e congrès du PAM. Sa date sera fixée par le comité préparatoire dont la liste a été actée au cours de la 24e session du Conseil national. « Ce comité est composé de 120 membres qui représentent de manière équitable l’ensemble des instances du parti que ce soit au niveau régional ou central, » nous indique Samir Goudar, vice-président du conseil fédéral du PAM. Il se réunira dès la semaine prochaine pour élire son président, son vice-président et son rapporteur. « En somme, c’est la dernière ligne droite pour remettre notre parti sur la bonne voie », ajoute notre interlocuteur.

Lors du conseil national du PAM. © Rachid TniouniCrédit: Rachid Tniouni

Ce conseil national intervient deux semaines après le lancement de l’appel à la responsabilité. Dans ce manifeste, trois anciens secrétaires généraux du parti, Hassan Benaddi, Mohamed Cheikh Biadillah et Mustapha Bakkoury, ainsi que deux cofondateurs du Mouvement de tous les démocrates (le MTD, matrice du PAM), Ali Belhaj et Mohamed Benhammou, soulignent « l’aggravation » de la crise au sein du parti du tracteur et appellent à « ramener le projet sur la ligne juste ». Un appel salué par une partie des pamistes comme Samir Belfkih ou plus récemment par Hakim Benchamach, qui en marge du Conseil national a tenu à exprimer « sa fierté et son appréciation de l’initiative ». D’autres ont sévèrement tancé le « timing » de son lancement et les « ambitions » de ses signataires.

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