Pedro Sanchez, une victoire après des années de tourmente

Pedro Sanchez, une victoire après des années de tourmente

Arrivé au pouvoir en juin sur un coup de poker après plusieurs années de montagnes russes, le socialiste espagnol Pedro Sanchez a remporté le 28 avril ses premières élections mais doit encore négocier des alliances pour se maintenir au pouvoir.

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Le chef du gouvernement espagnol et candidat socialiste Pedro Sanchez salue ses partisans lors de la soirée électorale à Madrid, le 28 avril 2019. Crédit: AFP

Battu aux législatives de 2015 et 2016, son parti enregistrant deux des pires résultats de son histoire, l’économiste de formation âgé de 47 ans tient enfin sa revanche. 


Le Parti socialiste est en effet arrivé largement en tête, tout en restant cependant loin de la majorité absolue. Ce qui l’obligera à former une coalition hétérogène pour se maintenir au pouvoir.

Donné pour politiquement mort, Pedro Sanchez avait réussi à la surprise générale à se hisser en juin à la tête du gouvernement espagnol en renversant grâce à une motion de censure le conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption. 


Il avait dû pour cela s’appuyer sur une alliance hétéroclite – baptisée « Frankestein » par la droite -, composée du parti de gauche radicale Podemos, des nationalistes basques et des indépendantistes catalans.


 Et gouverner ensuite pendant dix mois sur le fil du rasoir jusqu’à que cette majorité fragile finisse par se briser en février quand les séparatistes catalans ont rejeté son budget, l’obligeant à convoquer ces législatives anticipées.

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Carrière mouvementée

Ce n’était toutefois qu’un soubresaut de plus dans la carrière politique tourmentée de cet homme né le 29 février 1972 à Madrid dans une famille aisée d’un père chef d’entreprise et d’une mère fonctionnaire.


 Joueur de basket dans sa jeunesse -il mesure 1 mètre 90-, Pedro Sanchez a pris très tôt sa carte au PSOE et a été conseiller municipal de Madrid de 2004 à 2009 avant de devenir député.

Étudiant en économie dans la capitale espagnole et à l’Université libre de Bruxelles, il est aussi titulaire d’un doctorat d’une université privée entaché par des soupçons de plagiat dans sa thèse. 


Parfait inconnu jusqu’en 2014, Pedro Sanchez avait créé la surprise cette année-là en se faisant élire secrétaire général du parti au cours de primaires face à des responsables politiques chevronnés.

À la tête du PSOE, dont plusieurs poids lourds se méfient ouvertement de lui, il a ensuite connu une trajectoire en forme de montagnes russes.


 Après ses échecs électoraux de 2015 et 2016, l’appareil se rebelle et le force à démissionner.

La stabilité comme mantra

Avec une poignée de fidèles, il repart à la conquête des militants et se fait réélire, en mai 2017, à la tête de la formation face à l’Andalouse Susana Diaz, sa grande rivale, soutenue par tout l’establishment socialiste.

Pendant la campagne électorale qui a précédé le scrutin de dimanche, le socialiste, père de deux filles, a su capitaliser sur son expérience de chef du gouvernement, un poste qu’aucun de ses rivaux n’a occupé, pour incarner la stabilité alors que l’Espagne a connu ses troisièmes législatives en trois ans et demi.

Attaqué frontalement par la droite et l’extrême droite, qui l’ont accusé de « trahison » pour avoir dialogué avec les séparatistes catalans, Pedro Sanchez a contre-attaqué en agitant le chiffon rouge d’une éventuelle majorité comprenant la formation ultranationaliste Vox pour mobiliser son électorat.


 Il a aussi su mettre en avant son bilan social avec une augmentation de 22% du salaire minimum.

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