Issad Rebrab, PDG du plus grand groupe privé algérien incarcéré

Issad Rebrab, PDG du plus grand groupe privé algérien incarcéré

Issad Rebrab, PDG du premier groupe privé d'Algérie, Cevital, et considéré comme la première fortune du pays, a été incarcéré dans la nuit du 22 au 23 avril, après sa présentation au parquet dans le cadre d'une enquête anticorruption, a annoncé le 23 avril l'agence de presse officielle APS.

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L'homme d'affaires algérien et PDG de Cevital Issad Rebrab en mai 2016 à Alger. Crédit: RYAD KRAMDI / AFP

Arrêté le 22 avril, M. Rebrab, 74 ans, est “soupçonné de fausse déclaration concernant le mouvement de capitaux de et vers l’étranger, surfacturation, importation de matériel usagé en dépit de l’octroi d’avantages bancaires, fiscaux et douaniers (destinés au matériel neuf)”, a précisé APS.

Le fondateur de Cevital avait dans un tweet le 22 avril démenti avoir été arrêté, indiquant s’être seulement présenté à la gendarmerie dans le cadre du blocage depuis près d’un an au port d’Alger par les autorités d’équipements industriels de son conglomérat. L’industriel estime que ce blocage est illégitime.

Le groupe Cévital, propriétaire du quotidien algérien Liberté et qui a notamment racheté en France le groupe électroménager Fagor-Brandt ou le fabricant de portes et fenêtres Oxxo, n’a pas réagi dans l’immédiat à l’incarcération de son PDG.

Cevital est actif dans l’électronique, la sidérurgie, l’électroménager ou encore le BTP et emploie 18.000 personnes, selon les derniers chiffres donnés par le groupe.

Le 22 avril, ont également été arrêté quatre frères de la puissante famille Kouninef, propriétaire de l’important groupe KouGC spécialisé notamment dans le génie civil, l’hydraulique et le BTP.

La famille Kouninef est réputée proche de Saïd Bouteflika, frère et puissant conseiller d’Abdelaziz Bouteflika, chef de l’Etat durant 20 ans qui a démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée.

Depuis la démission de M. Bouteflika, la justice algérienne a lancé une série d’enquête sur des faits de corruption et de transferts illicites de capitaux visant de puissants hommes d’affaires souvent proches de l’ex-président Bouteflika.

M. Rebrab est de son côté en conflit avec les autorités algériennes qu’il accuse depuis plusieurs années de bloquer ses investissements en Algérie.

Début avril, l’ex-patron des patrons algériens, Ali Haddad, puissant homme d’affaires propriétaire notamment du 1er groupe de BTP d’Algérie, très proche de M. Bouteflika, a été écroué après son arrestation nocturne à un poste frontière avec la Tunisie, en possession de devises non déclarées et de deux passeports, en infraction à la législation algérienne.

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