Mohammed Ennaji : “Ce qui gonfle la contestation au Maroc et annonce un climat de violence à venir, c’est l’école”

TelQuel ouvre ses colonnes à des intellectuels et des experts qui appellent à libérer l’école des griffes de l’idéologie pour sauver l’avenir de notre éducation.

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Mohammed Ennaji est professeur à l'Université Mohammed V. Crédit: DR

Plus que les inégalités de classe révoltantes, ce qui gonfle la contestation au Maroc et annonce un climat de violence à venir, c’est l’école. Dans les années 1970, le pouvoir qui avait choisi une solution primaire et moyenâgeuse pour désamorcer la bombe qu’était l’école nationale produisant une élite politiquement dangereuse, a fabriqué une école sans âme, sans talent, ne satisfaisant pas le marché de l’emploi, produisant des désespérés, des exilés, des contestataires sans horizon. En désamorçant la bombe qu’était l’école nationale de qualité, il a fabriqué une bombe plus puissante, une usine de violence et de haine. La rue le dit assez, elle dira plus encore.

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