Zafzafi se coud les lèvres en signe de protestation, la DGAPR ne dément pas

Zafzafi se coud les lèvres en signe de protestation, la DGAPR ne dément pas

Dans un communiqué publié le 8 avril, l’administration pénitentiaire réagit aux accusations selon lesquelles le personnel des prisons procéderait à la surveillance des conversations téléphoniques des détenus du Hirak à Oukacha. Quelques heures plus tôt, la coordination de la défense de ces détenus avait annoncé que deux figures du mouvement de contestation du Rif avaient littéralement cousu leurs lèvres.

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Yassine Toumi/TELQUEL

Une situation qui prête à confusion. Dans la soirée du 8 avril, plusieurs sources faisaient état d’un durcissement des conditions de détention des prisonniers du Hirak dans la prison d’Oukacha à Casablanca. En effet certains médias et journalistes évoquaient une “surveillance” des téléphones utilisés par le groupe de détenus ainsi que du “débarquement” d’une “caserne” militaire dans chacune des ailes de la prison casablancaise occupée par ces prisonniers.

Dans le même temps, le coordinateur de la défense des détenus du mouvement de contestation du Rif, l’avocat Mohamed Aghnaj, a annoncé que deux figures du Hirak, Nasser Zafzafi et Mohamed Haki, ont “littéralement cousu leurs lèvres”. Une réaction à la décision de la Cour d’appel de Casablanca de maintenir leurs condamnations respectives à 20 et 15 ans de prison, confirmant les sentences prononcées en première instance, indique le HuffPost Maroc.

L’information a été confirmée par le père du leader du Hirak dans un post Facebook publié dans la matinée du 8 avril. Dans ce dernier, Ahmed Zafzafi annonce que son fils a entamé une nouvelle étape dans son “combat”  pour la liberté. Selon plusieurs sources médiatiques, Nasser Zafzafi aurait l’intention d’entamer une grève de la faim.

بلغني للتو رسالة ناصر الزفزافي من سجن عكاشة على لسان أحد رفاقه المعتقلين وهي كالتالي:إن خوضي لهذه المعركة (خياطة الفم…

Publiée par Ahmed Zefzafi sur Lundi 8 avril 2019

Une série d’annonces qui a fait réagir la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) à travers un communiqué relayé dans la soirée du 8 avril par l’agence de presse MAP. “L’administration de la prison locale Ain Sebaa 1 a affirmé que les détenus en vertu de la loi antiterroriste jouissent de tous les droits que leur confère la loi, sur un pied d’égalité avec les autres pensionnaires”, indique la DGAPR dans cette communication.

Celle-ci affirme également que les détenus, sans préciser s’il s’agit de ceux du Hirak, propagent des “mensonges [pour] faire pression sur l’administration (de la prison, NDLR) pour qu’elle ferme l’œil sur leurs comportements contraires à la loi et sur les privilèges illégaux qu’ils se sont adjugés”. L’administration pénitentiaire dénonce des allégations “dénuées de tout fondement”. Ces dernières auraient émergé après “une perquisition effectuée dans le quartier où résident ces détenus, qui s’est soldée par la saisie de plusieurs téléphones portables en leur possession, et ce, après la saisie, lors d’une opération similaire au cours de la même semaine, de plusieurs autres objets interdits”.

Dans son communiqué, la DGAPR revient également sur l’interdiction de faire entrer les paniers à repas affirmant que celle-ci “s’applique à l’ensemble des établissements pénitentiaires sans exception, dans le but d’alléger les charges financières pesant sur les familles des détenus et d’empêcher l’introduction de substances prohibées dans ces paniers”.

Répondant aux allégations “relatives à la surveillance des communications téléphoniques, la réduction de leur durée et leur facturation excessive”, la DGAPR affirme “que les détenus bénéficient de ce droit conformément à la loi et au règlement intérieur de la prison où ils purgent leur peine”. Enfin, concernant “la procédure de fouille à laquelle sont soumis les proches desdits détenus”, l’administration pénitentiaire assure “que cette opération s’applique à l’ensemble des visiteurs et se déroule dans le respect de la loi et de la dignité des pensionnaires”.

A noter que l’administration pénitentiaire, généralement très réactive et précise pour démentir toute information sur les conditions de détention des prisonniers du Hirak, ne communique pas sur l’intention de Nasser Zafzafi de mener une grève de la faim ni sur le fait que le leader du mouvement de contestation du Rif se soit cousu les lèvres.

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