L'Istiqlal tempère et affiche son soutien "à l'ouverture aux langues étrangères"

L'Istiqlal tempère et affiche son soutien "à l'ouverture aux langues étrangères"

Nizar Baraka ne considère plus l'enseignement des matières scientifiques en langues étrangères comme "un crime". A l’issue d’une réunion de son comité central le 6 avril à Lâayoune, l'Istiqlal a plaidé  pour “l’alternance linguistique” tout en insistant sur le fait que “la langue arabe est la langue principale de l'enseignement”.

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Nizar Baraka lors de la session ordinaire du comité central du parti ce 6 avril à Lâayoune. Crédit: Parti de l'Istiqlal

Il y a un mois, Nizar Baraka estimait que l’enseignement des matières scientifiques et techniques en langues étrangères était une  “erreur” et un “crime” contre les écoliers marocains. Aujourd’hui, le patron du parti de l’Istiqlal affiche une position moins tranchée sur cette question, qui est à l’origine des reports du vote du projet de loi-cadre sur l’enseignement.

A l’occasion de la deuxième session ordinaire du comité central de son parti le 6 avril à Laâyoune, le secrétaire général de l’Istiqlal a affiché une position plus tempérée que ces précédentes sorties : “Lors de cette session, nous avons mis l’accent sur le système éducatif, un sujet primordial pour notre pays et le futur de nos enfants. L’occasion pour nous d’affirmer l’importance de s’attacher aux constantes de la nation, à l’identité nationale (…) Nous attachons aussi de l’importance à l’ouverture aux langues étrangères afin de s’intégrer pleinement dans la société du savoir”.

Dans le compte-rendu de cette session, qui a été suivie par un impressionnant meeting, l’Istiqlal évoque plus longuement sa position quant à cette réforme tout en demeurant vague. Le parti à la balance estime notamment que “la majorité gouvernementale a raté le coche de la réforme de l‘éducation en raison de luttes et calculs politiques”. L’Istiqlal affirme ensuite que “cette même majorité a failli, et de manière répétitive, à proposer des solutions concrètes et viables aux problématiques de la formation et de l’emploi des jeunes, surtout ceux issus des régions marginalisées”.

Le compte-rendu souligne en outre que le parti à la balance a “réussi à donner au concept de l’alternance linguistique une compréhension nationale qui prend en compte le pluralisme linguistique et non le bilinguisme comme c’est le cas dans le projet du gouvernement”. Dans le cadre du débat autour du projet de loi sur l’enseignement, l’Istiqlal affirme avoir “insisté pour que les deux langues officielles de l’État occupent une place primordiale dans cette alternance. Une alternance qui doit se faire progressivement”. Nizar Baraka précise toutefois que “la langue arabe est la langue primordiale de l’enseignement”.

Plusieurs mois après son adoption en Conseil des ministres, le projet de loi-cadre sur l’enseignement n’a toujours pas franchi l’étape de la commission parlementaire. A l’heure de son examen par la commission de l’enseignement à la Chambre des représentants, l’Istiqlal et le PJD se sont opposés à son adoption en raison, notamment, de l’introduction du français dans l’enseignement des matières scientifiques et techniques. Alors que la majorité gouvernementale était parvenue, à la fin du mois de mars, à un consensus sur le texte, les élus du PJD ont demandé, à trois reprises, le report de son vote. A ce jour, le texte n’a toujours pas été adopté.

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