Un 22 février marocain?

Un 22 février marocain?

Par Omar Saghi

Les Algériens ont commencé à manifester en masse le 22 février dernier. Six semaines plus tard, une première victoire incontestable est acquise: le président Bouteflika se retire, sans conditions. La lutte du peuple se poursuit en vue d’un hypothétique mais très souhaitable changement complet des institutions. Quels effets sur les pays voisins auront ces victoires d’une population au civisme exemplaire contre une autocratie rouillée ? Sur l’un en particulier, le Maroc ?

Les relations entre les deux puissances maghrébines sont complexes et ambiguës. Le négatif de l’un peut se transformer en positif chez l’autre, dans un perpétuel mouvement dialectique. Et rien donc ne dit que la dynamique algérienne va enclencher un processus politique similaire au Maroc. Pourtant, il existe des précédents. La résistance d’Abdelkader dans les années 1830 et 1840, le début du nationalisme algérien dans l’entre-deux-guerres, la guerre d’indépendance, le tiers-mondisme de Boumediene, la décennie noire…

A chaque épisode de l’histoire algérienne correspond une réaction marocaine, faite d’un mélange d’influence, de sympathie et de distance. Rien n’indique qu’il n’en sera pas de même cette fois-ci. Bien que le Maroc soit dans...

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