Des “Cité des Métiers” à 3,6 milliards de dirhams pour sauver la formation professionnelle

Après une série de cinq réunions présidées par le roi Mohammed VI, le ministre de l'Education Saaid Amzazi a présenté, le 4 avril au Palais royal de Rabat, la feuille de route du gouvernement pour une réforme de la formation professionnelle. Les détails.

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Le roi Mohammed VI préside une séance de présentation de la feuille de route relative au développement de la formation professionnelle Crédit: MAP

Le 20 août dernier, Mohammed VI appelait dans son discours le gouvernement à « revoir en profondeur les spécialités de la Formation professionnelle pour qu’elles répondent aux besoins des entreprises et du secteur public, et qu’elles soient en phase avec les transformations que connaissent les secteurs industriel et professionnel. Ainsi, les lauréats auront plus de chance de s’intégrer professionnellement ».

Le gouvernement s’y était alors employé, jusqu’à mettre sur pied une feuille de route pour le développement de la formation professionnelle, présentée le 4 avril au Palais royal, par le ministre de l’Education Saaid Amzazi, lors d’une cinquième réunion présidée par le roi à ce sujet.

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3,6 milliards de dirhams d’investissement

« Toutes les régions du royaume seront dotées de ‘Cités des Métiers et des Compétences’, des structures multisectorielles et multifonctionnelles appelées à devenir un levier stratégique de la compétitivité et un facteur majeur de l’insertion des jeunes dans la vie active », a déclaré Amzazi devant Mohammed VI, en présence de la quasi-intégralité des membres du gouvernement, de conseillers royaux, et de la directrice générale de l’Office de la Formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT).

Ces cités qui « devront comporter des structures spécifiques à l’instar des chaînes de production pédagogiques, des centres de simulation et des halls technologiques », sont censées être le « fer de lance » de la réforme de la formation professionnelle.

Le ministre a expliqué que « conformément aux orientations royales » , « l’ambition est de faire en sorte que ces structures puissent incarner de véritable modèles d’efficience pour les dispositifs déjà existants, qui seront appelés à être réhabilités et optimisés dans le cadre d’une mise à niveau globale de l’offre de formation proposée ».

Les Cités des Métiers et des Compétences seront dotées du statut de sociétés anonymes (SA) filiales de l’OFPPT, ainsi que d’un conseil d’administration tripartite, composés de professionnels, de représentants de la région et de l’Etat.

L’investissement, qui proviendra à la fois de l’Etat, de l’OFPPT et des régions, est estimé à 3,6 milliards de dirhams.

La première ouverture d’une Cité des Métiers, est programmée pour la rentrée 2021, alors que le lancement des études « relatives à la consistance physique des Cités et à leur ingénierie pédagogique » est prévu pour ce mois d’avril 2019. Saaid Amzazi a indiqué que le lancement des constructions devrait se faire en janvier 2020.

Une formation adaptée aux régions

L’une des particularités de cette nouvelle feuille de route présentée au roi est qu’elle prend en compte l’impact que pourrait avoir la région sur le cursus choisi par les étudiants.

« Ces nouvelles Cités vont privilégier des formations qui répondent aux spécificités et aux potentialités de chaque région, à la fois dans les métiers liés aux domaines d’activités porteurs de l’écosystème dans lequel elles s’implanteront, mais aussi dans les métiers du futur, comme le Digital Offshoring, » a précisé le ministre de l’Education au Palais royal.

Dans une déclaration accordée à TelQuel, Loubna Tricha, la directrice générale de l’OFFPT considère que cette feuille de route est une « restructuration nécessaire à l’avancement du secteur », ainsi qu’une « mise à niveau de l’offre existante ». Elle nous explique également pourquoi elle perçoit ces cités comme « principale locomotive » du dispositif.

« Nous avons essayé d’y mettre notre retour d’expérience pour réunir les conditions nécessaires aux Cités, pour qu’elles réussissent à dispenser de bonnes formations. C’est une offre adaptée à la région et aux métiers du futur avec cette fois-ci, un mode de gouvernance impliquant les professionnels et une ingénierie actualisée selon l’approche par compétence », nous déclare Loubna Tricha, avant de préciser que l’une des principales priorités sera le « Learning by doing » (apprentissage par la pratique), avec un focus sur la maîtrise des langues, tout en ayant recours aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

La directrice générale de l’OFPPT rappelle aussi que l’un des objectifs principaux de cette feuille de route est de « répondre aux besoins du marché du travail », en facilitant l’intégration des étudiants dans le monde professionnel. De manière à ce que secteur devienne un véritable levier de la croissance économique nationale.