L'alcool pendant chaâbane, la crise de la quarantaine

Cas unique dans le monde musulman, beaucoup de Marocains cessent de boire quarante jours avant le ramadan. Pure invention de la culture marocaine, cette habitude, dont souffre une partie de l’économie, ne tire son origine d’aucun texte religieux.

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Les débits de boissons voient leur activité diminuer drastiquement à l'approche du ramadan. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Sous le bourdonnement d’un vieux ventilateur accroché au plafond, le propriétaire de la Cigale, célèbre troquet casablancais, promène son regard dans tous les coins de la salle. À 20 heures, à peine une dizaine d’habitués sont attablés autour de leur bière Flag Spéciale en écoutant un morceau de Blue Jean Blues de ZZ Top. D’ordinaire, à cette heure, le bar, où militants, journalistes et autres vieux habitués se donnent rendez-vous pour refaire le monde, est déjà à moitié plein. Emmitouflé dans une djellaba, le maître des lieux a l’air déçu de la maigre pêche de ce lundi. “Les gens ne boivent pas pendant les quarante jours qui précèdent le ramadan. C’est comme ça chaque année. Je fermerai le bar samedi, lorsque j’aurai écoulé le stock”, nous dit El Haj, comme l’appellent ses clients. Restaurants, hôtels, brasseurs ou simples guerraba voient aussi leur…

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