Mariages forcés: filles pas épouses

En 2018, elles étaient plus de 40 000 à se retrouver face 
à un homme, faisant parfois le double de leur âge, et portant 
à la fois la casquette de mari, de père et de législateur. Union 
par fatiha ou dérogation du juge, tous les moyens sont bons 
pour contourner les lois, déjà très poreuses.

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Les dérogations, par essence exceptionnelles, sont devenues la norme. Crédit: AFP PHOTO/ ABDELHAK SENNA

Le 24 mars, dans le village de Oulad Sidi Ali, dans la province de Jerada, une jeune fille de 17 ans met fin à ses jours après qu’elle a refusé de se marier à l’homme qu’on lui a proposé. La plupart des médias taisent l’information, tristement banale ; certains accordent quelques lignes à ce “fait divers”. Deux jours avant ce geste désespéré, le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar, affirmait dans une conférence sur le mariage des mineures organisée par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) : “Le mariage des mineures demeure une réalité sociale qui interpelle tout le monde.” Des mots au goût amer. Malgré l’entrée en vigueur du nouveau code de la famille en 2004 (Moudawana) et le passage de l’âge…

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