Les couvertures du New Yorker expliquées par leur illustrateur

Les couvertures du New Yorker expliquées par leur illustrateur

Célèbre pour sa conception des personnages emblématiques du cinéma d’animation, le dessinateur Peter de Sève collabore aussi avec le prestigieux magazine The New Yorker. Pour TelQuel, il commente quelques une de ses couvertures exposées actuellement à l'Institut français de Meknès.

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Les amateurs du cinéma d’animation le reconnaîtront. L’émouvante Dory du Monde de Nemo, l’atypique Scrat de l’Age de

Peter de Sève, 2015 festival poster artist.Crédit: CC0 / Marty Umans

glace ou encore le Petit prince de Mark Osborne ont d’abord vu le jour dans son bureau new-yorkais avant leurs succès retentissants au box office. De Disney à Blue Sky, le dessinateur Peter de Sève a donné naissance à plusieurs personnages emblématiques de l’animation mondiale. Mais il s’est fait surtout connaître grâce à ses nombreuses collaborations avec le prestigieux magazine américain The New Yorker. Invité d’honneur de la 18e édition du Festival international du cinéma d’animation de Meknès, il revient pour TelQuel sur quelques unes de ses couvertures.

The New Yorker. Octobre 2013.

« Plusieurs de mes dessins sont inspirés de mon quotidien et de mon environnement. Il m’arrive souvent de m’inspirer de mon quartier à Brooklyn. Comme c’est le cas ici, où je dessine un personnage que vous allez forcément croiser en déambulant dans les rues new-yorkaises. J’ai rencontré ce genre de personnes un million de fois devant ce magasin de chapeau, jadis très branché mais qui est en train de disparaître de nos jours. C’était plutôt cool de porter un chapeau fedora avec un jean étroit, n’est-ce pas ? Il est si commun que lorsqu’il a été publié, j’ai reçu six courriels de personnes qui me disaient : « Je pense que vous m’avez peut-être vu. J’habite ici ou là. Je crois que c’est moi ». C’est fou, d’autant plus que pour ce dessin, j’ai dû photographier quelqu’un en catimini. Ils avaient raison, ce n’était pas si discret que ça. »

The New Yorker. Novembre, 2014.

« C’est mon quartier, encore une fois. Ici, c’est l’un des bars mythiques de Brooklyn, à quelques rues de chez moi. J’adorais y aller, son esprit ‘hipster’ me plaisait beaucoup. Il était connu pour ses craft beer (bière traditionnelle). Je suis désolé si vous n’en avez pas au Maroc. C’est tellement sophistiqué que le serveur, sur le dessin, montre au client son dernier modèle vintage. Ce dernier savoure le goût disertement. C’était une façon pour moi de rendre hommage à ce bar et à cette bière. »

The New Yorker. Juin, 2017.

« C’est un personnage que vous identifierez facilement à Brooklyn. Des jeunes hommes, avec leurs coupes de cheveux atypiques. J’en connaissais un, qui travaillait dans le café du coin, et qui tentait tant bien que mal d’arborer un chignon. A travers ce dessin, j’ai essayé d’imaginer les difficultés qu’un type subirait en essayant d’avoir une coupe de cheveux atypique, anormale si j’ose dire. J’ai demandé au serveur de poser pour moi et j’ai pris une série de photos. J’ai essayé d’avoir plus de détails grâce à lui. »

The New Yorker. Janvier 1994.

« C’est l’un de mes dessins les plus populaires. C’est rare quand je prends des risques, mais celui-ci en était un. Je suis allé au Central Park et pris des photos du sol, du mur, qui sont identiques à cet endroit. Tous ceux qui ont pu regarder le dessin ont reconnu immédiatement l’endroit. Ils savaient exactement où se trouvait cette dame. C’était subliminal ! »

The New Yorker. Juillet 2008.

« C’est une œuvre autobiographique si j’ose dire. C’est moi, au milieu, entouré de ma femme Randall, mon ami Curtis et sa femme Janna. On avait loué une maison pour une semaine. Nous avons décidé, Curtis et moi, de cuisiner des homards. Mais c’était horrible, puisque nous devions les tuer. Et comme ils n’étaient pas assez cuits, nous avions l’impression d’avoir commis un massacre, d’avoir tué ses homards sans raisons. J’aurais aimé qu’ils se soient échappés. Je leur ai rendus hommage avec ce dessin. »

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