Un Maroc en hiver

Par Aicha Akalay

Personne n’a de plan pour le Maroc. Rien. Dans les différentes discussions rapportées entre le conseiller royal Fouad Ali El Himma — le seul à avoir la latitude pour parler de politique — et les autres acteurs de la vie de la Cité, le projet d’un Maroc moderne est régulièrement convoqué. Par opposition à un autre projet, obscurantiste celui-là et porté par les islamistes. Ces derniers ont beau affirmer le contraire, Abdelilah Benkirane en tête, il est difficile d’accorder du crédit à leurs mots, tant leurs versions changent d’un contexte ou d’un interlocuteur à l’autre. Le Palais, donc, voudrait d’un Maroc moderne. Un souhait qu’il n’accompagne cependant d’aucun signe de modernité. Ni dans l’exercice de son pouvoir, maintenu opaque, voire autoritaire, ni dans ses interactions avec les médias et les citoyens, ni par des choix clairs et assumés sur le modèle politique, les libertés, ou même l’orientation économique du royaume.

La sacro-sainte stabilité est un mirage tant qu’elle n’est pas garantie par un système aux institutions solides, par un Etat de droit, et par une situation sociale apaisée

Aïcha Akalay

article suivant

Des journalistes arrêtés lors d'un rassemblement contre la censure