Morran Ben Lahcen, la croix et la bannière

Figure tutélaire du street art marocain, l’artiste Morran Ben Lahcen fait partie des rares “vandales” à avoir intégré sans complexe le marché de l’art. Des murs marrakchis aux galeries casablancaises, rencontre avec un hippocampe de la mémoire.

Par

Son œuvre est la quête d’une voie, celle d’une unité des contraires, d’une quiétude qui transcende les oppositions.

Son nom sonne comme une référence dans le milieu. D’un côté, les murs, les souterrains humides, la violence. De l’autre, les galeries, les flashs et les enchères qui s’envolent. Autodidacte, Morran Ben Lahcen, 37 ans, s’est frayé un chemin dans le paysage artistique marocain. Dans le street art d’abord, où son blaze fait de lui l’un des pionniers du graffiti au Maroc. Dans les vernissages ensuite, où sa signature séduit critiques, galeristes et collectionneurs. Malgré la dextérité de son travail, l’artiste, lui, intrigue par sa bienveillance et sa bonhomie. Une posture qui étonne presque, détonne avec le pedigree de l’un des créateurs les plus en vogue du moment.

Chez Morran, le processus de création repose essentiellement sur une meurtrissure ontologique.
Il nous reçoit dans son atelier, à Sala Al Jadida, où il…
Cet article est réservé aux abonnés.
Déjà abonné ? Se connecter
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 900 numéros de TelQuel numérisés