Le Maroc signe la déclaration de Bruxelles pour le climat

Le Maroc a signé, le 19 février, la Déclaration de Bruxelles. Une étape décisive dans la prise en compte du climat et des océans dans les agendas officiels des forums internationaux, et ce, dès la prochaine COP25 sur le climat.

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Nezha El Ouafi, ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger. Crédit: Climate & Oceans

Si une certaine conscience environnementale s’institutionnalise lentement au Maroc, l’équilibre écologique est encore précaire, entre stress hydrique, pollution de l’air et de l’eau et désertification. La signature de la Déclaration de Bruxelles par le Maroc, mardi 19 février, s’inscrit dans une politique volontariste en matière de préservation de l’environnement, en parallèle de l’Accord de Paris.

Ce texte, signé par plusieurs ministres de l’Environnement et du développement durable, engage les pays signataires (Chili, Belgique, Espagne, Portugal, Luxembourg, Suède, Norvège, Islande, Gabon, Côte d’Ivoire et Maroc, entre autres…) à prendre des initiatives sur les volets du développement durable, du changement climatique et de la biodiversité des océans, de l’énergie océanique, de la conservation marine, ainsi que du transport maritime international. 

Signer la Déclaration de Bruxelles implique aussi l’intégration des mesures concrètes dans la Contribution déterminée au niveau national (CDN), des actes unilatéraux étatiques conditionnés par l’Accord de Paris — mais sans réel statut juridique — que le Maroc a soumis en 2016. Le Royaume s’était alors engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42 % à l’horizon 2030.

Nezha El Ouafi, secrétaire d’État chargée du Développement durable, a signé le document aux côtés du Premier ministre belge Charles Michel, du Prince Albert II de Monaco, ainsi que des membres du gouvernement belge et des ministres de différents pays, au Palais d’Egmont à Bruxelles. Les quelque 500 participants (ministres, scientifiques, PDG et hauts fonctionnaires d’organisations internationales telles que l’UNESCO ou l’OMI) ont débattu de l’impact du changement climatique sur la biodiversité marine, de la nécessité de réduire les émissions des navires et du potentiel de la production énergétique offshore.

La signature de cette Convention est « un choix stratégique et irréversible assurant un lien étroit entre le développement des énergies renouvelables et le développement économique et social du Royaume », a déclaré Nezha El Ouafi.

Concrètement, à quoi s’est engagé le Maroc ? 

  • Limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C afin de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’environ 45% d’ici 2030 et d’atteindre un objectif de zéro émission vers 2050
  • Confirmer le lien entre les océans et le changement climatique 
  • Produire davantage d’information scientifique 
  • Reconnaitre l’importance d’actions conjointes sur les océans, le climat et la biodiversité 
  • Demander la poursuite de l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant pour la biodiversité en haute mer
  • Appeler à un large déploiement des énergies renouvelables issues de l’océan (y compris les vagues, les marées et les courants) et à une bonne planification de l’espace marin 
  • Appeler à des réductions rapides et ambitieuses des émissions dans le transport maritime international.