À Bruxelles, des milliers de personnes répondent à l'appel à manifester de Nasser Zafzafi

À Bruxelles, des milliers de personnes répondent à l'appel à manifester de Nasser Zafzafi

Suite à l'appel lancé par Nasser Zafzafi fin décembre, des milliers de personnes ont manifesté à Bruxelles, devant les institutions européennes. Elles réclament la libération des détenus du Hirak.

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Le cortège était en grande partie composée de femmes. Crédit: Twitter

Un cortège bruyant et coloré, où se sont entremêlés des drapeaux belges, amazighs et rifains. À Bruxelles, des manifestants ont appelé, samedi 16 février, à la libération des détenus du Hirak. Un rassemblement composé en grande partie de femmes, répondant à l’appel de Nasser Zafzafi, emprisonné à Casablanca. Le leader du Hirak réclamait fin décembre une manifestation de la diaspora rifaine pour « réhabiliter la femme rifaine par une massive et forte marche » ce 16 février.

L’appel a été entendu par l’importante communauté marocaine établie dans la capitale belge. Mais pas seulement. D’après le porte-parole de la marche, Mohamed El Majjoudi, les manifestants sont « non seulement de Bruxelles, mais aussi de France, d’Espagne et même de Norvège et du Maroc », comme il l’a confié au site flamand, Bruzz.be. Les organisateurs estiment entre 10.000 et 15.000 le nombre de participants. Selon les autorités belges, ils étaient 3.000 manifestants.

Les femmes au coeur du mouvement

Parti aux alentours de 15h00 de la place du Trône, le cortège s’est rendu jusqu’au rond-point Schumann, qui fait face aux institutions européennes. L’une des places les plus prisées pour la vie démocratique bruxelloises. Ici, les prises de parole et discours se sont succédés, appelant notamment l’Union européenne à prêter davantage attention à la situation marocaine, notamment le respect des droits humains. L’eurodéputée Kati Piri, affiliée au parti travailliste néerlandais (PvdA) d’orientation social-démocrate, était d’ailleurs présente dans le cortège.

«Le Rif vit sous un blocus économique et militaire, plaide Aissa Dmam, militant de la cause rifaine, à l’agence de presse Belga. La moitié des jeunes migre massivement vers l’Europe et beaucoup échouent dans la Méditerranée. Vu la situation économique très compliquée actuellement, la répression et l’exclusion sociale, ils n’ont plus d’espoir de réussir à se faire une vie là-bas». À la tribune, de nombreux proches des détenus se sont exprimés. Parmi eux, Ahmed Zafzafi, père du leader du Hirak condamné à vingt-ans de prison en juillet et dont le procès en appel  est en cours à Casablanca.

Les manifestants ont également interpellé sur les conditions d’emprisonnement des militants du Hirak, notamment celles de Nasser Zafzafi dont l’état de santé s’est détérioré en prison selon ses proches. Selon Ahmed Zafzafi, son fils souffrirait d’une paralysie partielle, consécutive aux mauvais traitements. L’administration pénitentiaire affirme quant à elle détenir des vidéos qui montrent le leader du Hirak « casser un bureau à la main », ce dont il serait incapable en cas de paralysie.

Enfin la question de la femme a été mise en avant par les manifestants. Celles-ci étaient très présentes dans le cortège. « Il [Nasser Zafzafi, ndlr] a demandé aux femmes d’assumer l’organisation du mouvement, car elles jouent un rôle très important dans le mouvement de protestation. De plus, ce sont les femmes du Rif qui souffrent le plus. Elles doivent souvent parcourir des kilomètres à pied pour pouvoir subvenir à leurs besoins », a précisé Mohamed El Majjoudi à Bruzz.be.

Depuis sa cellule à la prison d’Oukacha à Casablanca, le leader du Hirak s’était dit « convaincu que la femme rifaine libre est l’épine dorsale du Hirak populaire dans le Rif et en Europe ». Il avait notamment dénoncé les « répressions des autorités sécuritaires », ainsi que « la dépréciation » et «l’objet de diffamation» dont la gent féminine pouvait faire l’objet. «Elle [la femme rifaine, ndlr] a le droit de contribuer à réaliser les revendications ayant trait aux droits de l’Homme et à la levée du siège sécuritaire sur notre Rif », avait-il estimé, en appelant  à cette manifestation.

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