Cuvée 2018, un cru indigeste

Cuvée 2018, un cru indigeste

Par Fatym Layachi

Ça y est, l’année s’est enfin terminée. Il était temps ! Une nouvelle a commencé. Elle sera forcément mieux. Ta tante est catégorique, la numérologie est formelle: 2019 est une année 3, le 3 c’est le symbole de la trinité. Et c’est très bien apparemment. Toi, tu veux bien y croire. C’est vrai que l’année passée a été des plus pénibles. Ça avait pourtant bien commencé. La déferlante #MeToo t’avait fait croire que le mur de l’impunité masculine commençait à s’ébrécher sérieusement. Mais ça, c’était ailleurs. Ici, les violeurs, les agresseurs, les harceleurs ne tombent que très rarement. Au mieux, ils sont condamnés très légèrement. Au pire, ils ne sont même pas inquiétés, et c’est même éventuellement de la faute de la fille. “Elle n’avait qu’à pas s’habiller comme ça”. “Si elle s’est retrouvée dans cette situation, c’est qu’elle l’a un peu cherché”. Tu les as lus plus d’une fois sur les réseaux sociaux, ces phrases immondes.

Ça commence à sérieusement t’écœurer, cette image de la femme forcément coupable, qui a encore de beaux jours dans le plus beau pays du monde. L’autre truc qui.

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