Itinéraire: Younes Ouazid, de la menuiserie au terrorisme

Itinéraire: Younes Ouazid, de la menuiserie au terrorisme

Nous en savons plus sur Younes Ouazid, l’un des quatre suspects arrêtés suite au meurtre des deux touristes scandinaves à Imlil. Récit d'une vie somme toute ordinaire, chamboulée par la rencontre des autres suspects.

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Il fréquentait souvent le domicile d’Abderrahman Khiali, le premier suspect arrêté par les autorités dans le cadre de l’enquête sur les meurtres des touristes Louisa Vesterager Jespersen et Maren Ueland aux environs d’Imlil. Selon des informations de TelQuel Arabi, Younes Ouazid, était le dernier des quatre premiers suspects interpellés à avoir rejoint la présumée cellule terroriste ayant prêté allégeance à l’Etat islamique.

Né en 1993 à Douar Boubker 1, en périphérie de Marrakech, Younes Ouazid a vu sa vie basculer dans le quartier de Laazouzia, quelques jours avant les célébrations de l’Aid El Adha, à la fin du mois d’août 2017. A cette période, il transportait des moutons en compagnie d’Abderrahmane Aljoud, un autre suspect. «A partir de ce moment-là, son comportement a radicalement changé», fait remarquer son frère Said à TelQuel Arabi. «Il  a décidé de ne plus travailler pour le compte d’entreprises, préférant côtoyer Abderrahmane, Abessamad et Rachid ( les trois autres suspects qui ont prêté allégeance à Daech à ses côtés, NDLR) ainsi qu’un autre individu au grand dam de notre famille», poursuit-il.

Une influence d’autant plus néfaste qu’elle mènera inexorablement Younes Ouazid à son interpellation par les forces de l’ordre alors qu’il cherchait à quitter Marrakech le 20 juillet dernier.

Un père de famille ordinaire

C’est après seulement trois années d’étude sur les bancs de l’école primaire que Younes Ouazid abandonnera son cursus scolaire. Adolescent, le présumé terroriste «fumait des cigarettes, du haschich, et buvait occasionnellement», raconte son frère à TelQuel Arabi, assurant que Younes Ouazid «n’avait aucune relation avec une quelconque organisation».

Après avoir abandonné l’école, ce dernier s’est lancé dans une carrière de menuisier, un métier «qu’il maitrisait» affirme son frère. Le présumé terroriste travaillera d’abord pour le compte de plusieurs entreprises avant de se lancer à son propre compte.

En 2014, à l’âge de 21 ans, il se marie et renonce par la même occasion à plusieurs de ses habitudes. «Il a arrêté de fumer avant son mariage, tout en effectuant régulièrement ses prières, sans pour autant changer son attitude et son comportement avec ses proches», confie encore son frère.

Un an plus tard, Younes Ouazid devient le père d’une petite fille désormais âgée de trois ans. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il enchaîne les petits boulots, parallèlement à son métier de menuisier. C’est ainsi qu’on le voit régulièrement arpenter les rues de son quartier pour vendre des fruits et légumes. Il utilise également son tripoteur pour transporter des moutons à l’occasion de l’Aid El Adha.

 «Une rémunération beaucoup plus importante»

Younes Ouazid menait somme toute une vie assez ordinaire avant de rencontrer Abderrahmane Khayali et Abdessamad Aljoud. « Abdessamad l’appelait tous les jours. Il se rendait souvent chez Abderrahmane, quitte à ignorer son gagne-pain. Il nous disait qu’ils allaient pêcher la nuit», raconte Said Ouazid.

Selon une source sécuritaire, les trois hommes  fréquentaient une mosquée du douar de Sawaken, situé dans la région d’Oulad Hassoun, à proximité de Marrakech. L’imam de cette mosquée et huit autres personnes ont été arrêtés le 21 décembre pour leur implication présumée dans les meurtres d’Imlil.

«Son attitude a radicalement changé, onze jours avant le crime d’Imlil», se rappelle son frère. Younes avait trouvé un emploi à Dakhla qui lui aurait permis de gagner 200 dirhams par jour. Une offre qu’il a finalement rejetée. «La rémunération pour le travail que je m’apprête à effectuer est beaucoup plus importante» , a-t-il déclaré à son frère, d’après le témoignage de ce dernier.

«Si je savais que ce drame allait avoir lieu, je l’aurais dénoncé sans aucune hésitation aux autorités. Cela aurait été mieux pour lui et pour nous», regrette désormais Said.

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