Lancement du paiement mobile entre opportunité et méfiance

Lancement du paiement mobile entre opportunité et méfiance

Bank Al Maghrib (BAM) et l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) ont  lancé le 13 novembre à Rabat, le «m-wallet».

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Un portefeuille électronique qui utilisera le numéro de téléphone mobile des particuliers comme identifiants de compte pour gérer les transactions financières avec une totale compatibilité interbancaire.C’est le premier service de paiement mobile au Maroc, lancé le 13 novembre à Rabat par Bank Al Maghrib et l’ANRT.

Concrètement, il permet d’effectuer des règlements dématérialisés entre les possesseurs de l’application mobile «m-wallet» et les commerçants et institutions acceptant ce moyen de règlement. Il permet également les transactions entre particuliers possédant l’application. Par exemple, si vous devez 50 dirhams à votre ami et qu’il possède l’application «m-wallet», son numéro de téléphone sera son identifiant et il vous suffira de la sélectionner dans votre répertoire, indiquer le montant du virement à effectuer et confirmer la manœuvre. Il recevra l’argent sur son compte instantanément.

Les grandes banques du royaume ont été accréditées pour utiliser ce moyen de paiement (BMCE, Attijariwafa Bank, BP, Société Générale, CIH Bank, Crédit Agricole du Maroc), ainsi que les opérateurs téléphoniques Orange, Inwi et Maroc Telecom.

La fin du cash ?

Cette mesure lancée par BAM est présentée comme une facilitation de la vie des utilisateurs et une avancée du Maroc dans le monde du digital, mais elle a aussi d’autres objectifs. A l’instar de la Corée du Sud ou encore de la Suède qui prévoit de faire totalement disparaître l’argent liquide d’ici 2030, les gouvernements cherchent à mettre en place un schéma de plus en plus cashless, avec moins de billets et de pièces en circulation.

Favoriser les paiements en ligne, les paiements sans contacts ou mobile, c’est une garantie d’avoir un paiement effectué et c’est aussi une traçabilité. Selon l’APEBI (Fédération des technologies de l’information de télécommunication et de l’offshoring), 80% des transactions au Maroc sont actuellement réalisées en liquide. L’objectif du paiement mobile est donc de diminuer la circulation du liquide qui est coûteuse à traiter pour les banques (4 milliards de dirhams par an), de capter 50 à 60 milliards de dirhams en transactions et 6 millions de clients d’ici 5 ans, selon BAM. Au Maroc, on compte 25 millions d’utilisateurs mobiles uniques pour 35 millions d’habitants, et 42% des Marocains accèdent à Internet via smartphone.

Au Kenya, le quart du PIB national passe désormais par la plateforme M-Pesa, le système national mobile pour les transferts d’argent. Mais au Maroc, «en dépit des avancées constatées sur la digitalisation des opérations (12,7 millions de cartes de paiement et un taux de pénétration du mobile de 130%, NDLR), la majorité des transactions est réalisée en espèces et les paiements par chèques, cartes, virements ou prélèvements bancaires restent à des niveaux faibles, avec 4 à 5 transactions annuelles par habitant», témoignait Saloua Karkri-Belkeziz présidente de l’APEBI.

Face à ces réticences, «m-wallet» a été audité par des organismes internationaux, et a été certifié conforme aux normes de protection des données personnelles des utilisateurs et de fiabilité d’une solution de paiement.

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