Essai. Visa pour la littérature

Essai. Visa pour la littérature

Le 29 septembre disparaissait l’essayiste et critique littéraire Pascale Casanova. Elle s’intéressait aux relations de domination dans le champ de la littérature. Retour 
sur son œuvre majeure, La république mondiale des lettres.

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Que dit une œuvre du monde qui l’a produite ? se demandait Pascale Casanova. La disciple de Bourdieu s’est élevée contre “l’idée, sorte de préalable critique indiscuté, que l’œuvre littéraire doit être décrite comme exception absolue, surgissement imprévisible et isolé”.

Dans La république mondiale des lettres, paru en 1999 puis réédité en 2008 chez Seuil, elle change de point de vue et, reprenant l’image du “motif dans le tapis” de Henry James, envisage l’œuvre non en tant qu’entité indépendante mais à la lumière de l’ensemble des textes littéraires produits. Apparaît alors un territoire ignoré souvent en tant que tel par les écrivains eux-mêmes. “Les lois qui régissent cette étrange et immense république — de rivalité, d’inégalité, de luttes spécifiques — contribuent à éclairer de façon inédite et souvent radicalement neuve les œuvres les plus commentées, et notamment celles de quelques-uns des plus grands révolutionnaires littéraires de ce siècle.” C’est donc un champ avec ses frontières, ses tensions, son économie, son temps et ses routes que décrit...

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