Critiquée sur les droits de l'Homme, l'Arabie saoudite retire sa candidature à la Francophonie

L'Arabie saoudite a retiré sa demande d'adhésion à la Francophonie après avoir suscité une levée de boucliers, accusée notamment de violations des droits de l'Homme, a annoncé le 11 octobre l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

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Le roi Salmane d'Arabie saoudite Crédit: AFP PHOTO / SAUL LOEB

L’OIF devait étudier la candidature saoudienne le 11 octobre après après-midi, en pleines interrogations sur la disparition mystérieuse en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi très critique envers le pouvoir saoudien.

Le royaume a fait parvenir un courrier à l’OIF, au premier jour de son sommet à Erevan, demandant « le report » de la demande d’adhésion, a indiqué à l’AFP Bertin Leblanc, porte-parole du secrétariat de cette organisation.

Cette demande d’adhésion, en tant que simple membre observateur, donc sans droit de vote, avait suscité de vives critiques au sein de la Francophonie, visant le rapport lointain qu’entretient le pays avec la langue française mais également ses violations répétées des droits de l’Homme, selon des ONG.

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L’OIF réunit 84 Etats et gouvernements « ayant le français en partage » mais qui comptent parfois peu de francophones, comme la Moldavie (2% de francophones), l’Egypte ou la Bulgarie (3% chacune), selon les derniers chiffres de l’OIF. L’Ukraine ou l’Uruguay ne comptent eux que 0,1% de locuteurs français chacun mais ils ne sont que pays « observateurs ». Actuellement, seul un tiers des pays de l’organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

Les Emirats arabes unis sont déjà un observateur de l’OIF, tandis que le Qatar est « membre associé », un stade supérieur qui permet de participer à davantage de réunions mais sans cependant octroyer de droit de vote.

La candidature saoudienne avait déjà été déposée en 2016, mais l’OIF, déjà embarrassée, avait alors décidé de surseoir à sa décision, estimant le dossier incomplet. Une mission avait alors été envoyée sur place, notamment pour constater la situation du français dans le royaume. Son rapport, non diffusé, devait être discuté ce jeudi après-midi par l’OIF.

La candidature était soutenue par le Maroc et le Sénégal notamment, mais combattue par le Canada, deuxième bailleur de fonds de l’OIF, dont l’ambassadeur à Ryad a été expulsé début août après l’envoi d’un tweet du ministère canadien des Affaires étrangères appelant l’Arabie à remettre en liberté des militants des droits de l’Homme récemment arrêtés.

Après le retrait de l’Arabie saoudite, il reste à l’OIF à étudier les autres demandes d’adhésion: l’Irlande et Malte, qui comptent respectivement 12% et 13% de francophones, selon l’OIF, ainsi que la Gambie, petit pays largement anglophone mais entouré de pays francophones, et enfin la Louisiane.

L’Etat américain, qui porte le nom de l’immense colonie française qui s’étendait des Etats-Unis au Canada, compte 200.000 francophones selon un recensement de l’an 2000, sur 4,7 millions d’habitants. Il s’agit majoritairement de « cajuns », ces descendants des Acadiens, colons français de l’est du Canada qui avaient été chassés par les Anglais en 1755 lors du « Grand Dérangement ».

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