Hayat, 20 ans

Par Fatym Layachi

Ta vie est plutôt jolie. Même quand elle n’est pas heureuse, elle est confortable. Grâce à Dieu, tout va bien. Tu es en bonne santé, tu évolues dans un environnement confortable, tu as une voiture, un appart, beaucoup de fringues, des amis et les moyens d’aller bien. Autour de toi, dans tout le pays, beaucoup de choses semblent aller de travers. Tu reçois des nouvelles déprimantes toute la journée avec tous ces journaux en ligne auxquels tu t’es abonnée. Tu te contentes de lire les titres et tu balances le mail à la poubelle. Tu arrives à vivre de manière parfaitement hermétique. Mais parfois certaines nouvelles sont dures à mettre de côté, et ce matin tu as lu une phrase qui t’a glacé le sang. “Une embarcation de type go-fast avec une dizaine d’émigrés clandestins à son bord, interpellée entre Mdiq et Fnideq par la Marine royale. Elle était conduite par un ressortissant de nationalité espagnole. Une Marocaine a succombé à ses blessures à l’hôpital”. Elle s’appelait Hayat. Ça veut dire la vie. Elle est morte. Elle avait vingt ans. C’est…

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