La langue que l'on parle

Par Fatym Layachi

Une crêpe. Un macaron. Un nem. Trois trucs bien gras dont tu adores t’empiffrer. Trois joyaux de la gastronomie marocaine. Trois plats que tout étudiant marocain à l’étranger a dans un Tupperware dans son congélo. Trois petites douceurs qui te rappellent ta grand-mère, l’odeur du henné dans ses cheveux et des boutons de roses séchées dans une coupelle en argent dans son salon. Trois mots très anodins. Ghriyba. Baghrir. Briouate. Trois gourmandises assez courantes et qui ne sauraient être décrites autrement que par ce qu’elles sont. Et pourtant, ces trois petits mots ne passent pas. Il a suffi de les écrire dans un manuel scolaire pour que tout l’Exécutif avale de travers, cafouille et s’étouffe. Toi, ce qui te rend dingue, c’est que cette histoire nous fait presque croire qu’il n’y a vraiment que ça comme problème au plus beau pays du monde. Et que l’école y est formidable, que les programmes sont exemplaires et que seuls ces trois petits mots viennent ternir ce tableau idyllique. Pourtant, personne au sommet de l’Etat ne semble s’être soucié de la rentrée scolaire. Rares…

article suivant

Le jour où l'baghrir sera distingué par un site culinaire américain, et produit en série par un industriel occidental, alors nous serons fiers de notre crêpe à trous