Après la religion, l'histoire?

Par Omar Saghi

Le retour de l’enjeu religieux dans les sociétés arabo-musulmanes imposa des combinaisons idéologiques propres à chaque pays. Au Maroc, la synthèse à laquelle contribuèrent plusieurs instances donna ce qu’on appelle aujourd’hui l’islam marocain. Dogme acharite, rituel et droit malékites, apport soufi, commanderie des croyants. On peut toujours discuter de la validité théologique de cet appareillage. Ou remettre en question sa prétendue permanence historique. Il n’en demeure pas moins que l’essentiel, du point de vue politique, est gagné : le pays peut émettre un soft power religieux à destination de son environnement proche, et la scène intérieure, sans être pacifiée, a au moins un socle commun à partir duquel discuter. On peut s’interroger aujourd’hui sur un autre besoin idéologique, pour répondre à une autre lacune. Ne faudrait-il pas procéder, sérieusement, à la mise en place d’un récit historique national unifié, à l’image du récit religieux des années 2000 ? On parle de régions périphériques délaissées et en ébullition, d’une jeunesse sans avenir (et qu’il faudrait même désormais caporaliser), d’une bourgeoisie qui regarde ailleurs, d’élites culturelles et artistiques déterritorialisées… Peut-être que la solution n’est…

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