Moulay Ismail Alaoui: "Les discours du roi restent lettre morte"

Moulay Ismail Alaoui: "Les discours du roi restent lettre morte"

Dans une interview avec TelQuel Arabi, l'ancien secrétaire général du PPS Moulay Ismail Alaoui estime que le gouvernement actuel est incapable de réaliser les attentes du peuple. Selon lui, il est dans l’intérêt du PPS dont il préside le conseil des sages de quitter le gouvernement. Entretien.

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Ismail Alaoui Crédit: Yassine Toumi/TELQUEL

Dans une interview avec TelQuel Arabi, l’ancien secrétaire général du PPS Moulay Ismail Alaoui estime que le gouvernement actuel est incapable de réaliser les attentes du peuple. Selon lui, il est dans l’intérêt du PPS dont il préside le conseil des sages de quitter le gouvernement. Entretien.

 

TelQuel Arabi : Les arguments présentés par Saad Eddine El Othmani sur la suppression du secrétariat d’Etat chargé de l’Eau, jadis occupé par votre camarade de parti Charafat Afilal, vous ont-ils convaincus ?

Moulay Ismail Alaoui : Les arguments que nous a présentés le Chef du gouvernement expriment l’idée générale relayée dans le communiqué via lequel l’opinion publique a pris connaissance de la suppression du secrétariat d’Etat en question. Le document avait en effet insisté sur l’importance de la coordination pour rendre efficient le travail d’un département en charge de l’eau.

A titre personnel, j’estime que ces arguments sont inadmissibles, si ce n’est une insulte à une militante qui a toujours travaillé avec dévouement. Elle n’a jamais pensé que son travail constituait une barrière au bon fonctionnement d’un département ministériel, voire au gouvernement en entier. Mieux encore, si nous constituons vraiment une barrière, il va falloir que nous nous mettions à l’écart.

En tant que président du conseil de la présidence (le conseil des sages) du PPS, vous avez adressé une lettre à la direction du parti pour les inviter à se retirer du gouvernement. Pourquoi ?

Le conseil de la présidence s’est réuni pour échanger autour de ce sujet et nous avons en effet notifié à la direction du parti ce que nous en pensons. Il n’est ni plus ni moins qu’un point de vue propre à notre organe, non doté d’un quelconque pouvoir décisionnel. La décision de se maintenir ou de se retirer revient au comité central.

Effectivement, les membres du conseil de la présidence ont exprimé leur indignation vis-à-vis de ce qui s’est passé. En déphasage par rapport à l’itinéraire démocratique, ce fait déçoit les espoirs de notre peuple. Des espérances qui ont commencé avec l’instauration du gouvernement d’alternance consensuelle et qui se sont davantage renforcées suite à l’adoption de la Constitution de 2011.

Les membres du conseil de la présidence ont justifié leur point de vue par le fait que le gouvernement dans sa version actuelle, dominé par des technocrates peints de couleurs partisanes, est incapable, selon les termes du tout récent discours royal, de répondre favorablement aux attentes du peuple, des jeunes et des moins jeunes.

Il est important que notre parti fournisse des efforts en dehors du gouvernement, et ce pour rendre effectives les orientations et les recommandations du roi, exprimées lors des précédents discours royaux. A titre personnel, je suis favorable à ce que notre parti se retire du gouvernement El Othmani.

 

Confirmez-vous que la direction du PPS n’a pas été mise au courant de la décision de supprimer le secrétariat d’Etat chargé de l’Eau ?

Vu que je ne fais pas partie de la direction du parti ni de son bureau politique, je ne peux pas me permettre d’être affirmatif sur cette question. Mais, selon les informations dont je suis au courant, le parti n’a pas été notifié de la décision de supprimer le secrétariat d’Etat chargé de l’Eau. Comme pour tous les citoyens, la principale concernée n’en a été informée qu’à travers les médias. Il s’agit d’un dysfonctionnement dangereux, car ce n’est pas ainsi que ça se passe entre des partis alliés.

Au-delà du sens politique, s’il y en avait un dans cette décision, il fallait au moins mettre au courant Charafat Afilal. Les secrétaires d’Etat n’assistent pas au Conseil des ministres, mais cela n’empêche pas qu’ils soient notifiés des décisions qui les concernent directement.

Il y avait aussi un désaccord entre Charafat Afilal et Abdelkader Aamara, son ministre de tutelle…

Il y avait un désaccord dont j’étais au courant. Le ministre de tutelle avait des tendances hégémoniques sur tout le secteur. Charafat Afilal, elle, se sentait dérangée et mise à l’écart. Elle travaillait avec acharnement et dévouement, malgré les conditions météorologiques que connaît notre pays et du manque de conscience de la part de la majorité des citoyens en ce qui concerne l’importance de préserver l’eau.

Cette affaire intervient quelques mois après le « séisme politique » qui avait fait tomber deux ministres PPS : Nabil Benabdellah, secrétaire général du parti et El Houcine El Ouardi, ex-ministre de la Santé. La colère ambiante avait également touché l’ancien ministre de la Culture, Mohamed Amine Sbihi. Ces évènements successifs ne remettent-ils pas en cause la compétence du PPS pour prendre en charge des postes ministériels ?

Nous n’avons pas la prétention d’être un parti de « compétences ». Seul Dieu est parfait. Quoi qu’il en soit, nous tâchons de proposer des personnes qui sont en mesure d’assumer la responsabilité politique, technique et morale.

Ce que j’ai déjà dit, et que le parti a dit en ce qui concerne la compétence de ses ministres au sujet du projet Al Hoceima Manarat Al Moutawasit, est valable pour le cas de Charafat Afilal. Ce qui m’a attristé, c’est que le communiqué a pointé du doigt la gouvernance du secteur, comme si ce dernier n’était pas géré comme il le faut.

Au sein du PPS, nous ne sommes pas dans une logique de blocage des institutions auxquelles nous contribuons, en particulier le gouvernement. Si nous constituons un facteur de blocage, nous devons dans ce cas tirer les conclusions de cette expérience. Nous ne sommes pas à la recherche des sièges uniquement dans le but de siéger à n’importe quel prix.

Suite à la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos témoignant de la situation des urgences et des hôpitaux au Maroc, la question se poserait-elle aussi pour Anas Doukkali ? 

Dans la mesure où il vient, il y a quelques mois, d’atterrir au ministère de la Santé, il est difficile d’évaluer son travail. Je de dis pas que le PPS est visé pour être mis à la porte. La vie politique c’est des hauts et des bas, et il y a ceux qui ne partagent pas avec nous le même niveau de sérieux. Nous serons attentifs à la réalisation de la feuille de route décidée par le roi.

Pensez-vous que le PPS souhaite quitter le gouvernement ?

La question se pose. Même si, je ne peux pas prédire ce que va décider le comité central ou le bureau politique. Si c’était de mon ressort, j’aurai pris la décision de quitter le gouvernement pour ne pas perturber le travail général de notre pays. Notre retrait serait donc positif.

Vous aviez déjà la même position juste après « le séisme politique » …

C’était mon avis personnel. Selon les règles internes du parti, le conseil de la présidence avait tenu une réunion et avait pris des décisions qui avaient été notifiées au bureau politique. En tant que président du conseil, j’avais fait des déclarations.

Un limogeage au nom de l' »incompétence », pas un mot de remerciement… Est-ce que ça ne pousse pas les élites à prendre leur distance vis-à-vis des responsabilité et du pouvoir ?

Pour nous, au sein du PPS, lorsque nous prenons une responsabilité nous ne nous attendons ni à la reconnaissance ni aux remerciements. Anas Doukkali, en l’occurence, a exigé que le budget de son département soit augmenté de 8% pour améliorer l’état du secteur de la santé.

J’ouvre une parenthèse sur mon expérience lorsque j’étais ministre de l’Education du primaire et du secondaire. Lors de la première réunion pour la préparation du budget 1999-2000, nous avions déclaré qu’il fallait augmenter annuellement, et pour 5 ans, entre 10.000 et 12.000 enseignants. Cela dans le but d’améliorer la qualité de l’enseignement et généraliser son accès.

A l’époque, le ministre des Finances avait refusé cette proposition de manière catégorique. Je me souviens que lors des discussions, j’étais énervé. Hassan II avait été mis au courant de mon irritation. A l’occasion du Conseil des ministres qui a suivi cet événement, Hassan II avait estimé que ma colère était légitime. Il avait alors décidé de multiplier par dix le nombre des enseignants. Puis ça s’est tassé durant mon mandat ministériel. Comme tout le monde le sait, mon passage au ministère de l’Education a été de courte durée.

Sommes-nous revenus aux anciennes habitudes ? 

Sans le moindre doute, et sans porter atteinte à ceux qui m’ont suivi, la gestion d’un secteur n’est qu’un département parmi tous les autres départements. Il ne peut donc pas monopoliser les ressources d’un pays pauvre.

Vraiment, sommes-nous un pays pauvre ?

Cela déplaît à beaucoup de gens quand je dis que le pays est pauvre. Il l’est vraiment dans la mesure où son économie en l’état actuel (et même passé) ne peut satisfaire de manière générale les attentes de tout un peuple. Nous ne sommes pas arrivés à ce que d’autres pays ont pu atteindre, la Chine à titre d’exemple. En clair : une croissance à deux chiffres.

Est-ce que les secrétaires généraux sont les véritables gestionnaires des ministères ?

Effectivement, tous les fonctionnaires considèrent les ministres comme des passagers. Lorsqu’une personne assume la responsabilité de gérer un département ministériel, il n’est pas au courant de ce qui se fait au niveau des coulisses. C’est pourquoi j’avais proposé à mes camarades de former un « gouvernement de l’ombre », comme c’est le cas au Royaume-Uni. Mais, nous ne sommes pas parvenus à le faire.

Que pensez-vous de Saad Eddine El Othmani en tant que Chef du gouvernement ?

Notre relation est bonne. C’est un homme doux, éduqué et souriant. Mais, en tant que responsable je n’ai pas travaillé directement avec lui. (Après réflexion, ndlr) Il manque de perspicacité.

Dans un tweet, El Othmani a expliquée que la nomination de Mohamed Benchaaboun au ministère des Finances avait été proposé par Aziz Akhannouch car le poste revenait au RNI et qu’il n’avait fait que transmettre la proposition au roi. Dans ce cas précis, le Chef du gouvernement a-t-il été à sa place ?

Ce fait pose beaucoup de problèmes, pour le RNI compris. Si je ne me trompe pas, Aziz Akhannouch avait quitté son parti pendant une bonne période. Il avait à cette occasion déclaré son retrait de la politique. Sauf que, contre toute attente, il a fait son retour en tant que secrétaire général du RNI. Les instances de ce dernier n’ont fait qu’approuver.

Ensuite, Benchaaboun, à ma connaissance, n’a jamais été membre d’un parti politique. Cataloguer des personnes par des couleurs partisanes, je m’excuse pour le terme, ridiculise le travail politique. Cela est contradictoire avec le choix que le Maroc a fait : c’est-à-dire celui de la démocratie représentative. Ce qui amène les gens à se poser comme questions : « Sommes-nous à l’époque de Ataturk, au début de son règne ? Sommes-nous dans un pays qui dispose d’une Constitution avancée ? » La Constitution, appuyant le principe de la démocratie participative, appelle au respect de ce principe.

 

Des technocrates ont été colorés, un ministre a démissionné mais est toujours en fonction, le Chef du gouvernement remporte les élections mais n’arrive pas à former un gouvernement… Ce « désordre politique » est-il selon vous lié au désintéressement des nouvelles générations à la politique des partis, comme a évoqué par le roi lors de son discours du Trône ?

Objectivement, ces remarques sont pertinentes. Nous devons nous poser ces questions. Chaque jour, la position des partis s’effrite. Ainsi, le gouvernement devient beaucoup plus bureaucratique que politique.

Peut-on dire que le roi prononce des discours et que les partis politiques ne font que les approuver ? 

Depuis les premiers discours du roi jusqu’au plus récent, on ne peut pas être en désaccord objectif avec ce qu’il prône. Mais malheureusement, aucun de ses discours ne se réalise… Ces discours restent lettres mortes, au regard de l’absence des moyens pour les concrétiser, cela sur le plan institutionnel et humain. Cette situation intrigue lorsque nous essayons d’évaluer de manière objective l’état du pays.

Le roi avait dit lors d’un dernier discours que « quelque chose continue à nous faire défaut en matière sociale ». Dans la rue, les Marocains disent qu’on manque de tout. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Effectivement, nous manquons de tout. Plusieurs secteurs ne répondent pas aux attentes du peuple, mais cela ne doit pas nous pousser au nihilisme. Nous souffrons de plusieurs lacunes surtout au niveau économique. Notre économie n’arrive pas à produire de l’emploi comme elle produit des richesses qui bénéficient à des individus et des institutions nationales et étrangères. Cela doit aussi nous pousser à une profonde refonte de notre système fiscal pour en faire un régime plus juste et qui réduit le gap entre les plus riches et les plus démunis. Notre parti pose assez souvent ces problèmes. Les Marocains qui vivent à la campagne dépassent les 13 millions et vivent de la terre: l’élevage et l’agriculture. Pour subsister, ils exploitent une superficie de 9 millions hectares, sachant que cette superficie a été agrandie aux dépens des forêts et des pâturages en à peine un demi-siècle. Et, en réalité, ce sont des superficies inappropriées pour une agriculture productive. Par un simple calcul, nous pourrons découvrir que cela fait quelque chose comme 0,6 hectare par personne. Et cela veut dire que nos campagnes abritent au moins 5 à 6 millions de personnes comme « surplus démographique ». Certains ont choisi de s’installer à l’étranger, mais cela devient de plus en plus difficile. Ceux qui quittent aujourd’hui le pays, ce sont les cerveaux. Le reste vit dans des conditions qui ne préservent pas leur dignité ou alors rejoignent les agglomérations urbaines pour gonfler les ceintures de la misère. Mais ils croient que c’est mieux avec un hôpital à proximité, des avenues goudronnées, la disponibilité de l’eau potable et de l’électricité… En général, ils préfèrent l’exode aggravant des problèmes sociaux et économiques dont pâtit tout le monde. Nous payons tous la facture de ce phénomène et il est temps d’y remédier.

Et donc, que faut-il attendre des Marocains à part sortir s’égosiller dans la rue comme au Rif, à Zagora et à Jérada ?

L’avant dernier discours du roi a été clair. Il a pointé les dysfonctionnements et imputé la responsabilité au gouvernement. C’est une chose très importante car le roi demande à l’Exécutif de gouverner. C’est une étape très importante pour améliorer la situation politique et consacrer les termes de la Constitution. La Loi suprême, dans son 1er article insiste sur une monarchie sociale, démocratique, constitutionnelle et parlementaire. L’Exécutif doit gouverner au nom du peuple.

N’est-ce pas le cas d’après vous ?

Hélas non ! Par manque de clairvoyance ? Par manque de volonté ?

Au Rif, le gouvernement, au lieu de résoudre les problèmes, a qualifié les manifestants de séparatistes.

Taxer les Rifains de séparatistes est une insulte à tous les Marocains et elle est impardonnable.

Lors de son discours, le roi a évoqué le retour au service militaire. D’après vous, quelles seraient les motivations d’une telle décision ? Serait-ce, comme l’affirment certains, une manière de dompter une jeunesse rebelle ?  

La suppression du service militaire et du service civil était une grave erreur. Nous avons besoin de la cohésion des habitants de ce pays et tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif du sentiment d’appartenance à une Nation. Économiquement, nous sommes loin de cette cohésion à cause des disparités entre les régions et entre la ville et la campagne. Il nous faut un travail de longue haleine pour atteindre par exemple l’exploit de l’Allemagne où chaque région a ses spécificités, mais où il y a un fort sentiment national. Grâce au service militaire, nos jeunes pourraient mieux connaître leur pays, abstraction faite de leurs origines sociales ou ethniques. Quant au service civil, il permet aux jeunes de se préparer à la vie pendant deux ans qu’ils passent au service de la Nation, à connaître les grandes problématiques et à connaître les gens. Les choses ont été aggravées au Maroc à cause du départ volontaire qui a trop pesé sur le budget de l’Etat, l’économie et l’administration.

Le départ volontaire n’a-t-il pas soulagé quelque part le Budget général ?

Pas du tout. On avait quasiment la conviction que c’étaient les titulaires des basses échelles qui allaient partir, mais ils n’étaient pas aussi bêtes que cela pour partir avec un petit pécule alors que l’Administration leur garantissait une certaine stabilité et une petite retraite à la fin de leur carrière. Le départ volontaire ayant été permis à tout le monde, les gros salaires sont partis avec des sommes respectables et certains sont revenus par la fenêtre de la contractualisation. La responsabilité de tout cela incombe au gouvernement Jettou et à l’ancien argentier Mohamed Boussaid qui a été relevé dernièrement de ses fonctions. A cela, il faudra ajouter l’horaire administratif, cette grosse arnaque. Nous voyons des fonctionnaires quitter leur travail pour aller intercepter leurs enfants à l’école ou aller déjeuner chez eux. Voire ceux qui quittent pour la prière du vendredi et qui ne reprennent que lundi matin ! Parmi les décisions improvisées, on retrouve aussi le service militaire. La Constitution stipule que tous les citoyens ont le devoir de contribuer à la défense de la Nation. Mais la Loi suprême insiste aussi sur l’obligation de consulter les Marocains concernant tout ce qui touche à leur vie. Le gouvernement aurait du ouvrir le débat avant de légiférer. Des ONG qui avaient besoin de l’aide de l’Etat avaient proposé de promulguer une loi qui permettrait d’embaucher des jeunes, sur contrat, pour deux ou trois années et avec le contrôle de l’Etat, mais cette proposition a été rejetée.

Les parlementaires et les ministres sont exemptés du service militaire alors que cela devrait être une condition pour prétendre à ce genre de responsabilités. Qu’en pensez-vous ?

C’est une grave erreur qui ne sert en rien l’image de la politique chez nous. Comme je l’ai dit: il y a de l’improvisation dans la prise de décision. Quand vous êtes vraiment responsable et ayant le sens de la responsabilité, vous ne pourrez pas vous empêcher de dire « Non ».

Au sein du précédent gouvernement, il y avait des voix qui osaient dire « Non » ?

Je pense que oui, mais il y avait une sorte d’absence de discipline au sein de cette équipe. La Constitution est claire, mais n’a pas été respectée et c’est de la responsabilité du gouvernement et de son chef en premier lieu.

(Propos recueillis par Mokhtar Omary)

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