Un ministre libérien étudie une action en justice contre la RAM

Un ministre libérien étudie une action en justice contre la RAM

Eugene Fahngon, sous-ministre libérien en charge de la Communication, déclare que lui et ses compatriotes ont été traités « comme des animaux » par la Royal Air Maroc lors d'un incident à l'aéroport de Casablanca qui s'est répété deux fois au cours de l'été.

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Capture d'écran twitter

Nouvel épisode dans l’affaire de la vidéo montrant un responsable libérien accusant la Royal Air Maroc de « discrimination ». Joint par France 24, Eugene Fahngon, sous-ministre en charge de la Communication et des Relations presse au ministère de l’Information, de la Culture et du Tourisme rapporte sa version des faits :

« Je venais des États-Unis et j’avais choisi ce vol Casablanca-Monrovia. J’avais normalement 11 heures de transit pour un vol qui devait décoller à 23 heures. Mais à 21 heures, nous avons appris que le vol serait retardé une première fois. Une heure plus tard, on nous a annoncé un nouveau retard… puis nous n’avons plus eu d’information » , explique-t-il. « Ce n’est qu’à minuit que nous avons finalement appris que le vol était annulé. Nous avons alors vu des passagers américains et français partir de l’aéroport pour être logés dans des hôtels », poursuit le sous-ministre.

Il affirme également que des représentants de la Royal Air Maroc leur ont dit que « quelqu’un viendrait pour les autres passagers ». Pourtant, personne, selon ses dires, ne les a abordés alors qu’ils étaient « environ 50 passagers libériens dans la même situation ». Eugene Fahngon, qui jusque-là voyageait avec son passeport classique, sort son passeport diplomatique et exige des explications.

« Un responsable de RAM est venu me proposer de me loger dans un hôtel. Mais j’ai refusé de quitter mes concitoyens sans qu’une solution ne soit trouvée. Comme ces personnes ne pouvaient pas rentrer sur le territoire marocain, car elles n’avaient pas de visa, j’ai proposé qu’elles soient logées dans l’hôtel de l’aéroport. Mais pour une raison que j’ignore, cela ne nous a jamais été proposé », raconte-t-il.

Les représentants de la RAM décident alors d’ouvrir le salon lounge de la compagnie afin d’y loger les passagers libériens. Mais, selon Eugene Fahngon, « il n’y avait cependant pas assez de place pour que les 50 personnes puissent dormir sur un siège, allongées ». A 4 heures du matin, de l’eau et de la nourriture sont offertes avant le service, à 8 heures, d’un petit-déjeuner . Une solution est alors trouvée et les passagers embarquent pour le vol 10 heures en direction Monrovia.

Lost in datation

Mais, le plus intriguant dans la version avancée par le ministre libérien, c’est sa datation des faits. A France 24, il affirme que « la scène s’est déroulée dans la nuit du 17 au 18 juillet ». Or, interrogé par TelQuel le 19 août, soit le jour de la diffusion de la vidéo-polémique sur les réseaux sociaux, un responsable de la RAM nous avait affirmé que l’enregistrement était vieux de « deux mois ». Le lendemain, soit le 20 août, la compagnie indiquait via communiqué que la scène avait eu lieu le 10 août.

Comme l’indique France 24, reprenant les données aériennes de sites spécialisés, « le vol du 17 juillet est répertorié sans heure d’arrivée, un signe que celui-ci a été annulé, tout comme celui du 10 août ». Le même incident aurait donc pu se produire à deux reprises au cours du même été. Aux yeux de l’officiel Libérien, « ce communiqué montre simplement que Royal Air Maroc ne souhaite pas répondre à nos questions, et va jusqu’à confondre les incidents ».

Plus d’un mois après l’incident, Eugene Fahngon ne décolère pas. « J’ai personnellement fait un rapport à mon ministère [de l’Information, NDLR] ainsi qu’au ministère des Transports, et je suis en train d’évaluer avec mon avocat si je vais personnellement mener une action en justice », assure-t-il. Pour lui, ils ont été traités « comme des animaux ».

Le 20 août, la compagnie aérienne nationale – qui a connu un été noir en raison de tensions sociales entre la direction et ses pilotes – avait « réfuté les allégations de traitement discriminatoire ». Elle expliquait alors qu’une cinquantaine de passagers n’avaient effectivement pas pu quitter la zone internationale de l’aéroport de Casablanca, « faute de visa, les citoyens libériens étant soumis à l’obligation de visa pour accéder au territoire marocain. »

La compagnie indiquait avoir « pris en charge ces derniers passagers au sein de l’aéroport, en leur assurant l’hébergement et la restauration dans le salon Oasis et le salon du Terminal 3 ». « Dix passagers de diverses nationalités, dont des Libériens disposant de la double nationalité américaine » ont quant à eux été acheminés vers des hôtels de Casablanca, ceux-ci n’étant pas « soumis à l’obligation de visa ».

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