Brahim Chihi, un "poulain" de la Sorec devenu voltigeur des Grandes écuries de Chantilly

Brahim Chihi, un "poulain" de la Sorec devenu voltigeur des Grandes écuries de Chantilly

Formé à l’Ecole des arts équestres de Marrakech, Brahim Chihi, 18 ans, est actuellement la vedette du spectacle équestre fantaisiste des Grandes écuries de Chantilly, dans les Hauts-de-France.

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Depuis le 25 juillet, le cavalier voltigeur marocain se produit en France. Crédit: Pascal Renauldon

A tout juste 18 ans, Brahim Chihi est la vedette du spectacle équestre de cet été du domaine de Chantilly, dans l’Oise. Depuis le 25 juillet, ce cavalier voltigeur marocain se produit en moyenne, quatre fois par semaine, sous le dôme majestueux des Grandes écuries. Entouré de sept cavalières de la Compagnie équestre du domaine, il retrace le parcours Leondro, jeune explorateur sur les routes de la soie parti à la découverte de l’Asie.

«Fantaisies équestres est l’histoire d’un jeune noble vénitien du XVIIIe siècle, Leandro, qui, après avoir lu le livre de Marco Polo, rêve de suivre les traces de l’aventurier», nous explique Sophie Bienaimé, directrice équestre et artistique de la Compagnie équestre du Domaine de Chantilly.

«Ce spectacle est un véritable voyage sous le dôme des Grandes écuries de Chantilly d’où nos spectateurs vivent le départ de Leandro en bateau, son arrivée dans un marché oriental, se retrouvent en Inde, puis en Chine et assistent au retour du jeune homme par le désert avant de revenir à Venise», poursuit-elle.

Pour que la magie du spectacle opère, des « costumes chatoyants et des décors différents accompagnent cette mise en scène ». Selon Sophie Bienaimé, celle-ci est composée de 17 numéros équestres qui présentent différentes disciplines, en l’occurrence « la monte en amazone, la voltige, la haute école, le travail aux rênes à la ceinture, la liberté, sans oublier quelques fantaisies de spectacle comme les cabrés, assis, couchés, révérences … ».

Le casting à Marrakech

Afin de trouver le cavalier voltigeur qui jouera le rôle de Leandro, la direction du domaine cantilien a publié une annonce sur Facebook. « Khalil Reda, le directeur de l’Ecole d’art équestre de Marrakech a immédiatement répondu en nous proposant de travailler ensemble et d’accueillir un jeune voltigeur pour ce spectacle», confie Sophie Bienaimé.

« Le Domaine de Chantilly, avec qui nous avons un partenariat aujourd’hui, a un groupe de cavalières qui fait déjà de très belles choses, mais il avait besoin d’un performeur aux voltiges, vu qu’ils n’en ont pas sur place. J’ai vu une annonce qu’ils ont publiée pour ce spectacle-là. Je l’appelle et je lui dis : ‘Est-ce que ça t’intéresserait de voir qu’est-ce que l’école propose comme jeunes voltigeurs », nous explique de son côté Khalil Reda, directeur technique de l’Ecole des arts équestres de Marrakech et professeur de Brahim.

Fondée en 2011 par la société royale d’encouragement du cheval (SOREC), l’école forme chaque année des jeunes Marocains aux disciplines du dressage classique, de la voltige et de la liberté. Ces disciplines sont pratiquées exclusivement sur des chevaux de races Barbe et Arabe-Barbe. « C’est une école exclusivement ouverte aux Marocains. Plusieurs classes sociales y sont représentées et la formation est complètement offerte par la SOREC. Les jeunes élèves qui y sont formés ne paient rien, ils sont nourris et logés sur place. Ils apprennent un métier et nous sommes là pour les encadrer, les former en tant qu’artistes de spectacle dans trois disciplines : le dressage, la liberté et la voltige cosaque et classique», détaille Khalil Reda.

« Il se trouve que je connais Khalil depuis 33 ans et que l’histoire de cette école m’a beaucoup touchée. Les meilleurs professeurs en voltige, en travail en liberté et en haute école forment les jeunes talents motivés de son école. L’idée de pouvoir mettre en valeur cette école nous a tout de suite plu», raconte Sophie Bienaimé.

La metteuse en scène du spectacle et sœur de Sophie, Virginie Bienaimé-Mouzy, se trouvait par un « heureux hasard» à Marrakech. Elle en a alors profité pour passer voir l’école et rencontrer Brahim pour un casting. « Indépendamment de ses talents de voltigeur, ce sont aussi ceux de comédien qui ont été retenus. Brahim devait simuler une chute de fatigue dans le désert, ou encore être émerveillé par un cadeau, ou être extrêmement malheureux», poursuit Sophie Bienaimé.

Un »immense talent»

Grâce à son talent, Brahim a réussi à «émerveiller» l’équipe du domaine de Chantilly, qui est d’ailleurs exclusivement féminine. « D’autant qu’il a dû découvrir Allegro, un cheval qu’il ne connaissait pas et qu’il a dû très rapidement former un couple avec sa monture. Brahim a un immense talent et il est surtout d’une grande finesse avec les chevaux, ce qui nous a beaucoup plu», relève la responsable.

Khalid Reda est tout aussi fier de son élève. « Il a été à la hauteur de ce qu’on attendait de lui. A travers lui, on a quand même montré qu’on avait des voltigeurs de qualité mondiale. Et puis pour les jeunes qu’on a à l’école, c’est un exemple. Brahim est très bon», confie-t-il. Et d’ajouter : « A un moment, il m’a dit : ‘maintenant je me rends compte de ce que je vaux’».

Actuellement en cinquième et dernière année de sa formation à Marrakech, Brahim Chihi continuera de se produire à Chantilly jusqu’au 26 août. Après ça, il doit revenir au Maroc où il doit, notamment, participer à la 11e édition du salon du cheval d’El Jadida, prévu du 16 au 21 octobre.

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