Imbroglio autour des salaires des pilotes de la RAM

Imbroglio autour des salaires des pilotes de la RAM

Les salaires perçus par les pilotes de la RAM sont au centre des tensions sociales au sein de la compagnie. Alors que les pilotes demandent une revalorisation « légitime » à leurs yeux de leurs rémunérations, le transporteur aérien accuse ces derniers de refuser tout compromis.

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/ AFP PHOTO / FADEL SENNA Crédit: AFP

Le bras de fer entre la compagnie Royal Air Maroc et ses pilotes  n’est pas près d’être fini. Depuis la publication d’un courrier daté du 17 juillet dernier, dans lequel son PDG, Abdelhamid Addou disait renoncer à sa stratégie de doublement de la flotte à cause du « refus » des pilotes de « tout compromis », le ton est monté d’un cran. Par le biais de l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL), ces derniers ont rappelé en début de semaine leurs revendications. La revalorisation de leurs salaires en fait partie.

« Les revendications de revalorisation salariale sont légitimes. Les salaires qui ont été annoncés dans la presse ont été gonflés »,  dénonce un membre de l’AMPL. « Nous sommes au même salaire depuis 14 années », avait déjà déploré l’association dans un communiqué publié le 20 juillet dernier. Mais qu’en est-il des salaires que touchent aujourd’hui les pilotes de la RAM ?

Plusieurs chiffres avancés

Selon une source autorisée au sein de la compagnie, « un pilote débutant perçoit 75.000 dirhams de salaire net mensuel. Les pilotes confirmés, eux, touchent entre 80.000 et 150.000 dirhams de salaire en moyenne, selon le nombre d’heures de vol réalisées ». « Les pilotes qui font le long courrier sont donc mieux payés, vu qu’ils font plus d’heures de vol », ajoute la même source, assurant qu’en général, « les salaires des pilotes sont alignés sur ce que perçoivent les pilotes dans d’autres compagnies à l’international », sans donner plus de détails.

Du côté de l’AMPL, les chiffres avancés ne concordent pas avec ceux de la RAM, ou du moins pour ce qui est des salaires des pilotes débutants. « Pour un pilote sorti d’école, le salaire est situé entre 48.000 et 52.000 DH net », indique de son côté notre interlocuteur à l’AMPL. « Leurs salaires explosent ensuite parce qu’ils font beaucoup d’heures de vol malgré eux, des heures qui sont à la limite de ce qui est réglementé », ajoute-t-elle. Qu’en est-il alors des pilotes plus expérimentés ?

Interrogée, la même source de l’AMPL botte en touche et assure ne pas avoir cette information, arguant aussi que les salaires peuvent varier en fonction des heures de vol, des primes, du brut et du net et du statut du pilote « Seuls les commandants de bord peuvent atteindre des salaires de 150.000 dirhams et c’est très rare », croit savoir la même source.

« Pénurie de pilotes »

L’AMPL jure que la question des salaires n’est toutefois « pas la priorité des pilotes en ce moment ». « Les pilotes demandent à ce que la compagnie réduise leurs heures de vol. Ils ne veulent plus avoir cette cadence. Ils demandent aussi à avoir quatre jours off par mois successifs au lieu de 48 heures par semaine actuellement », soutient un membre de l’association.

L’autre revendication des pilotes concerne la réouverture de l’école de pilotage, fermée depuis 2014. « Ils n’ont aucun bénéfice à en tirer. Il y a un sous-effectif auquel il faut remédier. La RAM a lancé un appel d’offres pour recruter 86 pilotes dans le monde. Ils n’en ont eu que 27. Il y a une vraie pénurie de pilotes » affirme notre interlocuteur au sein de l’AMPL. Et de poursuivre : « Ils ont accepté à contrecœur que la RAM recrute des pilotes à 7.000 euros de salaire, un salaire que les pilotes nationaux n’ont pas. Les pilotes étrangers bénéficient aussi de cinq jours off successifs par mois, alors que les pilotes réclament une révision de leurs jours de congés depuis plusieurs années ».

Selon une source autorisée de la compagnie, la RAM compte aujourd’hui près de 500 pilotes, débutants, officiers et commandants de bord confondus, dont une cinquantaine de femmes.

Plus de 60 vols annulés

En attendant une issue à la crise, une dizaine de vols sont annulés en moyenne par jour, depuis le 20 juillet dernier. Au total, plus de 60 vols ont été annulés et une centaine d’autres retardés. Ces « perturbations » au niveau des vols ont concerné pas moins de 12.000 passagers en moins d’une semaine. Les pilotes de la RAM, qui nient tout mouvement de grève, « ne veulent plus faire preuve de flexibilité. Maintenant, ils respectent juste leurs plannings initiaux« , soutient encore l’AMPL.

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