Adonis: “L’Arabe d’aujourd’hui est un être paralysé par la culture religieuse”

Considéré comme l’un des plus grands poètes et penseurs arabes, l’auteur de “Soufisme et surréalisme” nous parle dans cet entretien du monde arabo-musulman et des raisons de son sous-développement. Toujours critique avec le fiqh et la tradition islamique, Adonis pense que le salut des peuples arabes passe obligatoirement par une séparation du religieux et du civil.

Par

Yassine Toumi/TELQUEL

Dans le civil, il s’appelle Ali Ahmad Isber. Mais pour le commun des lettrés, son nom est Adonis, comme le fameux dieu phénicien. Nous l’avons rencontré en marge du Festival Twiza à Tanger où il devait, le 20 juillet, animer une conférence. Adonis est matinal. Il nous donne rendez-vous au café de l’hôtel et arrive sapé en plusieurs couleurs, du rouge, du bleu et on en passe. Et un tout petit chapelet à la main qu’il n’égrène pas. A 88 ans, c’est peut-être une autre de ses manières de rester provocateur. Une façon d’être pour ce Syrien qui a jeté un pavé dans la mare, appelé «Athabit wal Moutahawil» (Le fixe et le mouvant), une thèse d’Etat en trois tomes soutenue en 1975, traduite plus tard…

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