L’inquiétante fuite des cerveaux marocains

L’inquiétante fuite des cerveaux marocains

Lors d’une récente intervention , le ministre de l'Education Said Amzazi a affirmé que près de 600 ingénieurs quittaient le Maroc chaque année. L’un des principaux secteurs impactés par cette vague de départs est celui du digital où les professionnels sont de de plus en plus nombreux à quitter le Maroc pour aller travailler en France. Une fuite des cerveaux qui risque de poser problème au royaume, en pleine transition numérique.

Par

Pour faciliter 
la venue en France 
des profils NTIC marocains, les conditions d’obtention du French Tech Visa ont été assouplies. Crédit: DR

Trouver un développeur Java à Rabat ? C’est mission impossible aujourd’hui”. Pour Moncef Benabdeslam, directeur général de Cap Gemini, ainsi que pour beaucoup d’autres recruteurs marocains, le royaume manque cruellement de main d’œuvre qualifiée dans le secteur des nouvelles technologies. Pourtant, le Maroc compte de nombreuses formations au digital, que ce soit à l’université, dans les écoles privées marocaines ou dans les antennes de grandes écoles françaises. Développeur mobile, consultants techniques, data scientist, consultant big data… où sont donc ces jeunes diplômés indispensables pour assurer la transition numérique récemment entamée par le royaume ?

Découragés par le manque de perspectives professionnelles et les bas salaires, nombre d’entre eux ont décidé de migrer vers la France. Difficile à ce jour de chiffrer ce phénomène. Les professionnels du secteur parlent d’un turnover “jamais vu” : 25% par an, alors qu’il n’avait jamais, jusque-là, dépassé les 10%. “Ce phénomène a démarré fin 2017 et s’est accentué ces derniers mois”, analyse Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de l’APEBI (Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring, anciennement appelée Association des professionnels de l’équipement et de...

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