Passe d'armes au Parlement entre le RNI et le PJD

En l’absence de recours au vote des députés, le débat sur le rapport de la mission d’information sur le prix des hydrocarbures s’est transformé en joute verbale entre les élus du RNI et du PJD. Les deux formations se rejettent mutuellement la responsabilité de la hausse des prix depuis la libéralisation du secteur.

Par

Tniouni

Une opposition entre le PJD et le couple RNI-UC. C’est ainsi que l’on peut résumer la séance plénière de la Chambre des représentants consacrée à la discussion du rapport de la mission d’information parlementaire sur les prix des hydrocarbures, qui s’est tenue le 10 juillet et qui a essentiellement consisté en l’échange d’invectives entre les deux groupes parlementaires. Une séance où les contributions les plus notables sont à mettre au crédit de deux élus des deux groupes.

Membre de la commission des finances et de la mission d’information sur les hydrocarbures, la RNIste Asmaâ Aghlalou est revenue sur les arguments utilisés par l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, pour justifier la levée de la subvention étatique accordée au secteur des hydrocarbures en décembre 2015. « Il (Benkirane, ndlr) déclarait avoir épargné 80 milliards de dirhams en augmentant le prix des hydrocarbures de quelques dirhams pour éviter à l’Etat une asphyxie financière (…) N’oublions pas qu’il a aussi déclaré que l’Etat doit assurer ses équilibres financiers avant le citoyen, car ‘un aigle vivant peut toujours subvenir aux besoins de ses aiglons’ », a fustigé la représentante du parti de la colombe.

S’agissant des fuites des premières conclusions de la mission d’information dont TelQuel a dévoilé les principaux enseignements, l’élue a notamment considéré que « certains courants ont décidé de divulguer le contenu du rapport en dévoyant le débat de son contexte objectif, dans le but d’induire en faux l’opinion publique ».

A cet égard, la parlementaire RNI s’est interrogée sur « les débouchés des 80 milliards de dirhams annoncés par Benkirane après la levée de la subvention » et sur « les termes de recettes fiscales engrangées en termes de taxes sur la consommation et sur la valeur ajoutée qui sont de 56 milliards de dirhams ».

Toujours par rapport aux conclusions de la mission d’information, dont la discussion en plénière n’est en fait qu’une formalité, en raison de l’absence de vote sur les conclusions du rapport de la mission d’information, Asmaâ Aghlalou a avancé qu’ « il convient de répondre, avec courage, sur la crédibilité de certaines déclarations hasardeuses prétendant que les sociétés des hydrocarbures ont réalisé 17 milliards de bénéfice ». Une déclaration qui fait office de réponse à l’élu FGD, Omar Balafrej, qui estimait à 17 milliards de dirhams les gains engrangés par les pétroliers suite au désengament étatique.

Répondant aux attaques de ses « partenaires » de l’alliance gouvernementale, le président du groupe parlementaire PJD, Idriss El Azami El Idriss, a pour sa part visé le RNI dont le président et actuel ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, détient Afriquia – le plus important distributeur des hydrocarbures sur le marché marocain. « Les pétroliers ont profité de la libéralisation des prix pour multiplier leurs bénéfices de 20 à 1.000% », a estimé l’actuel maire de Fès, en tentant de dédouaner le gouvernement Benkirane où il officiait en tant que ministre délégué chargé du Budget.

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