La majorité snobe la proposition d'amnistie de la FGD, mais encourage les détenus à faire appel

La majorité gouvernementale est en passe de rejeter la proposition de loi déposée par la Fédération de la gauche démocratique pour « l’amnistie de tous les détenus des contestations sociales ».

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Réunion des chefs des six partis de la majorité. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Interrogée par Telquel Arabi au sujet de la position de la coalition gouvernementale sur la proposition de loi d’amnistie générale soumise par la FGD, une source au sein de la majorité gouvernementale s’est contentée de nous renvoyer au communiqué, publié le 29 juin suite à une réunion des chefs de file du PJD, du RNI, du MP, de l’UC, de l’USFP et du PPS.

« La posture de la majorité y est clairement exprimée, il faut laisser la justice trancher en appel», a estimé cette source. Avant d’insister : « Les partis de la majorité ne réagiront pas à la proposition de loi déposée par les deux députés de la FGD».

Dans son communiqué, la majorité avait réaffirmé son respect de « l’indépendance du pouvoir judiciaire et des garanties des conditions d’un procès équitable». Elle avait également exprimé son souhait d’une « révision de ces condamnations », qualifiant cet acte d’un « espoir» offert aux « accusés et à leurs proches» par « le droit de faire appel, conformément aux procédures en vigueur».

Au lendemain du prononcé du verdict concernant les 53 détenus du Hirak à Casablanca, le ministre chargé des droits de l’Homme Mustapha Ramid, avait déclaré à TelQuel « En cas d’appel, il est de notoriété publique que l’affaire sera réexaminée devant la juridiction pénale, composée de cinq juges présumés plus indulgents et plus expérimentés que leurs collègues de première instance. Ceci renforcera la confiance dans la justice et permettra une nouvelle réconciliation avec les habitants de la région».

Le 29 juin, Maître Mohamed Aghnaj, avocat du Hirak, expliquait quant à lui à TelQuel : « Lorsque le greffier s’est déplacé à Oukacha pour notifier les détenus de leurs sentences respectives, la plupart d’entre eux ont immédiatement interjeté appel, mais certains, dont Nasser Zafzafi, hésitent toujours. On en saura bientôt plus, car ils ont 10 jours, à partir du prononcé du verdict pour se décider.»

Moins de 48 heures après le verdict prononcé contre les détenus du Hirak à Casablanca, la FGD en la personne de ses deux députés, Omar Balafrej et Mohamed Chennaoui, a déposé le 29 juin une proposition de loi « pour l’amnistie de tous les détenus des contestations sociales ». La Fédération souhaite que le parlement « déclare une amnistie générale et globale pour toutes les actions liées aux manifestations que le Maroc a connues du 28 octobre 2016 (date de décès de Mohcine Fikri) au 28 juin 2018 (date du prononcé du verdict contre les activistes du Hirak du Rif, détenus à Casablanca) ».

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