250.000 mineurs marocains travaillent, la majorité dans un emploi "dangereux"

Selon une étude du Haut-Commissariat au Plan, près de 162.000 enfants sont astreints à un travail dangereux. Près de 76% d’entre eux se trouvent dans des zones rurales. 

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Un jeune marocain employé dans une tannerie de Marrakech Crédit: Hilary Fox / DR

Publiée le 17 juin, soit quelques jours après la journée mondiale contre le travail des enfants, l’enquête nationale sur l’emploi conduite par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) révèle qu’en 2017, sur les 7.049.000 enfants marocains âgés de 7 à 17 ans, 247.000 exerçaient un travail. Parmi ces derniers, 162.000, soit 67%, sont astreints à un travail qui « revêt un caractère dangereux ».

76,3% de ruraux

Les enfants contraints aux travaux dangereux sont à 81% des garçons, âgés majoritairement de 15 ans à 17 ans (73%). L’enquête du HCP souligne que quatre régions du Royaume abritent 70% des enfants astreints à ce type de travail, avec Casablanca-Settat (25,3%), suivie de Marrakech-Safi (20,3%), Rabat-Salé-Kénitra (12,7%) et Fès-Meknès (11,7%).

Autre chiffre marquant, sur 162.000 des mineurs exerçant un travail dangereux, près de 76% se trouvent dans des zones rurales. Le travail dangereux « reste concentré dans certains secteurs économiques et diffère selon le milieu de résidence », souligne l’étude du HCP. En zones rurales, les enfants exerçant un travail dangereux se retrouvent à 82,6% dans le secteur «agriculture, pêche et forêt». En revanche, en milieu urbain, la concentration se fait autour des «services» (52,7%) et dans le secteur « industrie et artisanat » (32%).

La scolarisation est aussi un facteur déterminant note le HCP. 10,6% des enfants exerçant un travail dangereux sont en cours de scolarisation, 81,4% ont quitté l’école et 8% ne l’ont jamais fréquentée.

Un fléau mondial

L’incidence du travail dangereux (la proportion de la population infantile astreinte à un travail dangereux) au Maroc est ainsi de l’ordre de 2,3%.  « Selon les statistiques de l’OIT, la moyenne internationale est de 4,6%, représentant ainsi le double du niveau national», précise le Haut Commissariat au Plan.

Pour les Etats arabes, cette moyenne est de 1,5%. En Europe, ce chiffre monte à 4%. L’incidence du travail dangereux atteint son paroxysme en Afrique avec 8,6%. Elle atteint majoritairement les enfants âgés de 15 à 17 ans au niveau national comme à l’international. Selon les Nations unies, sur près de 1,6 milliard d’enfants vivant dans le monde «4,6% vivent d’un travail dangereux», soit 73 millions.

La Convention n° 182 de l’Organisation internationale du travail, relative à «l’interdiction des pires formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination» a été ratifiée par le Maroc en 2001. Celle-ci définit le « travail dangereux » pour les enfants comme étant « le travail qui, par sa nature et les circonstances dans lesquelles il est effectué, est susceptible de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité des enfants ».

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