L'ONSSA veut rassurer sur la qualité du lait en omettant l'utilisation du lait en poudre par les industriels

L'ONSSA veut rassurer sur la qualité du lait en omettant l'utilisation du lait en poudre par les industriels

Dans un communiqué publié le 11 juin, l'ONSSA tente de rassurer les consommateurs sur la qualité du lait, en faisant le bilan des saisies et contrôles effectués en 2017 et depuis le début de l'année. Mais, l'office de contrôle sanitaire reste silencieux au sujet de l'utilisation du lait en poudre, auquel plusieurs industriels, dont la Copag, auraient recours.

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Du lait en poudre. Crédit: DR

La semaine dernière, nos confrères de Médias24 révélaient que la Copag, nouveau leader du marché, utiliserait du lait reconstitué en poudre pour satisfaire la demande, ce qui est formellement interdit par la loi selon l’article 9 du décret n°2-00-425 relatif au contrôle de la
production et de la commercialisation du lait et de produits laitiers. Ce dernier prévoit que  : « la fabrication des laits reconstitués stérilisés et/ou stérilisés UHT, n’est autorisée que dans les conditions qui seront fixées par arrêté du ministre chargé de l’agriculture. La fabrication des laits reconstitués pasteurisés entiers, totalement écrémés et/ou partiellement écrémés est interdite ». 

Contacté alors par Medias24, le président de Copag, Moulay Mhammed Loultiti, avait assuré que les portes de sa coopérative étaient « ouvertes à l’ONSSA » qui « peut venir à tout moment » pour « valider ce que nous faisons », sans pour autant réagir à la polémique. Aujourd’hui, l’ONSSA fait de même en se murant dans le silence quant aux soupçons qui pèsent sur la coopérative laitière.

Dans un communiqué diffusé le 11 juin, l’office sanitaire « rassure les consommateurs (…) suite à la publication par certains médias faisant état de l’absence de contrôle des produits laitiers commercialisés au Maroc ». Selon l’ONSSA, le « lait et les produits laitiers sont régulièrement contrôlés ».

Ce contrôle « rigoureux » se fait « tout au long de la chaîne de production, depuis l’élevage jusqu’aux points de vente » pour « s’assurer de l’état de santé des animaux, de l’origine et de la qualité des aliments utilisés dans l’alimentation animale, du respect des bonnes pratiques d’encadrement vétérinaire et de la qualité du lait produit et commercialisé par les établissements de transformation », indique l’office.

« Contrôle systématique » aux frontières

L’ONSSA explique également que « les produits laitiers importés subissent un contrôle systématique au niveau des postes d’inspection frontaliers, pour s’assurer de leur conformité sanitaire et de qualité, ainsi que de leur étiquetage », alors que « les produits non conformes ne sont pas admis sur le territoire national ».

On apprend ainsi qu’en 2017, 217 tonnes de laits et produits laitiers ont été saisies par les services de l’ONSSA pour « non-respect des conditions sanitaires » et que 843 prélèvements de produits laitiers ont été réalisés à « des fins d’analyse ». Et à l’office d’ajouter : « Fin mai 2018, les services de l’ONSSA ont contrôlé 28.647 tonnes de produits laitiers à l’importation et ont refoulé 150 tonnes non conformes ».

Ce dernier ne peut cependant « garantir la qualité sanitaire des laits de colportage, qui comportent des risques ».

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