Mineurs marocains isolés à Paris, une situation qui empire

Depuis plus d'un an, de très jeunes migrants marocains sont livrés à eux-mêmes et errent dans les rues de la capitale française. Ils ont entre 9 et 16 ans, arpentent jour et nuit les rues du quartier de Barbès (18e arrondissement) et apeurent les Parisiens résidents de cette zone.

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Les mineurs marocains du quartier de la Goutte d'or à Paris à la recherche de chaleur et de repos dans une laverie en décembre 2017. Crédit: @infernale75 / Twitter

Dans les colonnes du Monde, la journaliste et reporter Louise Couvelaire raconte ce phénomène inédit, qui se détériore depuis le printemps 2017. « Violents, toxicomanes et refusant toute prise en charge par les pouvoirs publics » ces mineurs isolés, passés par l’Espagne, vont et viennent en petits groupes entre le square Alain-Bashung et la rue de la Goutte-d’Or, détaillait déjà en mars dernier Louise Couvelaire. Sur place, la journaliste a observé ces jeunes Marocains et est allée à la rencontre des habitants, très inquiétés par ces bandes de migrants rôdant dans leur quartier.

Marques sur le corps, drogués à la colle

Et pour cause, ils sont décrits par la municipalité parisienne comme « toxicomanes ». Et à la Ville d’ajouter : « C’est du jamais-vu à Paris ». Certains commerçants ou résidents de Barbès témoignent également en ce sens. Louise Couvelaire relate dans son premier article les propos de Ouakka, propriétaire d’une laverie : « Ils fument, ils crachent, ils boivent, ils se droguent, ils insultent et vandalisent« . Le gérant d’un restaurant surenchérit : « Défoncés à la colle, ils sont hyper agressifs« .

Sans famille, squattant halls d’immeubles ou bancs pour dormir, exposés à la misère, ces préadolescents subissent physiquement les conséquences de cette situation déplorable. Le média français « La Croix » décrivait l’année dernière dans une de ses publications : « Ce ne sont que visages amochés, corps frêles, yeux cerclés de cernes« . Guillaume Lardanchet, président de l’association Hors la rue, sollicitée par la mairie de Paris pour leur venir en aide, explique cette affligeante apparence par « la malnutrition« .

D’après l’enquête de la reporter, en 2017 il était « difficile d’évaluer leur nombre : la Ville de Paris en a identifié vingt-quatre » et l’Office français de l’immigration et de l’intégration en avait recensé « une centaine« . Hors la rue, qui tente – en vain – depuis des mois de prendre en charge ces enfants marocains, estimait quant à elle leur nombre variant entre 60 et 80.

De plus en plus nombreux, la mairie démunie

Un an après son reportage pour Le Monde, Louise Couvelaire est revenue sur le sujet en ce mois de mai. Le constat est le même. Voire pire. Ces migrants « victimes-délinquants » au comportement souvent agressif, s’avèrent être « de plus en plus nombreux« . Selon la journaliste, « en un an, près de trois cents sont passés par la capitale, où ils restent en moyenne entre une semaine et trois mois« , avant de partir en direction d’un autre pays européen.

Passants et résidents, sont quant à eux de plus en plus effrayés. Vols à l’arraché, agressions, insultes… Certains d’entre eux racontent qu’ils préfèrent faire des détours pour rentrer chez eux, ou qu’ils prennent soin de ne pas circuler trop tard le soir dans les alentours du quartier de la Goutte d’Or. Alors qu’en 2017, le parquet avait déjà effectué « 813 gardes à vue« , Paris déclare aujourd’hui faire « appel à l’Etat » pour gérer cette situation alarmante.

Malgré le dispositif (chiffré à près de 700 000 € et en collaboration avec des associations) mis en oeuvre l’année dernière par la municipalité, ces adolescents marocains semblent incontrôlables. « Nous avons tout essayé, mais aucune des solutions de placement ne fonctionne », confie la mairie à Louise Couvelaire.

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