Le ministère du Travail réagit au scandale sexuel des saisonnières de Huelva

Selon le ministère du Travail, les vidéos publiées dans le cadre de l’enquête menée par Buzzfeed sur les présumées agressions sexuelles dont seraient victimes les travailleuses saisonnières marocaines de Huelva “présentent des champs de culture de tomates” et non pas de fraise qui font l’objet d’un accord de main d’œuvre entre le Maroc et l’Espagne.

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Plantation de fraise dans la région de Huelva. Crédit: AFP

Une délégation conjointe maroco-espagnole devrait se rendre, en fin de semaine, dans la région de Huelva a annoncé le ministère du Travail dans un communiqué diffusé le 9 mai. Le but de cette visite est de « s’enquérir des conditions de travail et de séjour de cette population et d’identifier les actions permettant de faciliter davantage leur intégration » et s’inscrit « dans le cadre du suivi de la situation des travailleuses saisonnières […] comme il a été programmé depuis le début de la campagne 2018 » indique le ministère. La date de cette visite n’a pas été précisée.

Cette annonce  du département de Mohamed Yatim intervient près d’une semaine après la publication de l’enquête de Buzzfeed News et du média allemand Correctiv selon laquelle une douzaine de travailleuses saisonnières marocaines rapportent avoir été violées ou agressées sexuellement dans des exploitations de fraise et de tomate de la région de Huelva.

Une enquête évoquée dans la communication du ministère du Travail qui indique que les vidéos publiées dans le cadre de cette enquête « présentent des champs de culture de tomates » sachant que la convention de main d’œuvre entre les deux pays concerne la cueillette de fruits rouges. On notera néanmoins que la vidéo publiée par Corectiv montre un champ de fraise dès la 16e seconde.

Le département de Mohamed Yatim note également que l’une des plaignante, âgée de 25 ans, « aurait commencé son emploi dans les exploitations agricoles espagnoles quand elle avait à priori l’âge de 15 ans  compte tenu du fait que la dernière opération de sélection des ouvrières répétitrices a eu lieu en 2009« .  Le ministère précise que les travailleuses saisonnières sélectionnées pour travailler dans les exploitations espagnoles avaient entre 18 et 45 ans au moment de leur sélection afin de respecter « les termes et les conditions de sélection […] appliquées par l’Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences« .

Pour rappel, plus de 80% de la production de fraise en Espagne provient de la région de Huelva. Une migration saisonnière qui s’inscrit dans le cadre d’un accord de main-d’œuvre conclu entre le Maroc et l’Espagne le 25 juillet 2005. Le Ministère n’a pas annoncé de date précise quant à sa visite à Huelva pour le moment.

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