Un appel au boycott de Danone, Sidi Ali et Afriquia fait réagir la classe politique

Un appel au boycott de Danone, Sidi Ali et Afriquia fait réagir la classe politique

Depuis le 20 avril dernier, un appel au boycott des marques Afriquia, Centrale Danone et Sidi Ali fait beaucoup de bruit au Maroc. Lancée sur Facebook, la campagne a pris de l'ampleur et fait réagir à présent la classe politique marocaine.

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Meriem Bensalah et Aziz Akhannouch Crédit: © Yassine Toumi

L’appel au boycott des marques Afriquia du groupe Akwa, Centrale Danone et Sidi Ali du groupe Holmarcom ne faiblit pas. La campagne, lancée le 20 avril dernier via plusieurs pages Facebook, prend de plus en plus d’ampleur.

L’objectif de ce boycott, dont l’origine est incertaine, est de « protéger le pouvoir d’achat marocain », comme le montrent les publications suivantes.

Ce mercredi 25 avril, le sujet a atterri au Salon international de l’agriculture de Meknès (SIAM). C’est Aziz Akhannouch, patron du groupe Akwa et ministre de l’Agriculture, qui l’a abordé lors d’une conférence de presse, en se cantonnant au cas de Danone.

« Les produits marocains continuent à évoluer et la réalité sur le terrain ne sera pas stoppée par le web », a d’abord lancé le ministre. « Les Marocains ont besoin de lait matin et soir. (…) Ils doivent remercier Dieu parce que la plupart des produits alimentaires sont produits à l’intérieur du pays et dépendent des Marocains pour les produire », a-t-il poursuivi.

Le ministre en est convaincu: « La campagne de boycott n’affectera pas la vente de ces produits sur le marché. C’est une campagne virtuelle » qui ne peut en aucun cas « couper les vivres aux 474.000 personnes qui travaillent dans la filière laitière avec Centrale Danone ».

Des « étourdis »

Le boycott a également été évoqué le 24 avril au parlement. Une question orale a été adressée dans ce sens au ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid. « Nous nous devons d’encourager l’entreprise et les produits marocains, contrairement à ce que font certains étourdis (« mdawkhine ») qui appellent au boycott des entreprises marocaines », a fustigé le ministre RNI. « Ce sont des entreprises marocaines bien structurées, qui emploient plusieurs citoyens et paient leurs impôts », a-t-il ajouté.

Aussitôt prononcé, le terme « étourdis » utilisé par le ministre pour décrire les boycotteurs a eu l’effet d’une bombe dans les rangs du Parti de la justice et du développement (PJD). Et pour cause, Abdelilah Benkirane avait utilisé le même terme pour parler de la jeunesse de son parti, du temps où il était chef du gouvernement.

Depuis, la presse arabophone reprend souvent ce qualificatif pour parler des jeunes du parti de la lampe. Pour la députée PJD Amina Maelainine, vice-présidente de la Chambre des représentants, son utilisation par le ministre des Finances au Parlement est « inappropriée » et « inacceptable ».

« Même lorsque Benkirane l’avait utilisé dans un contexte plus personnel, je n’avais pas hésité à le critiquer », a écrit la députée dans un message publié sur son compte Facebook.

Le PJD nie toute responsabilité

L’intervention du ministre survient après que certains médias aient attribué cette campagne à la jeunesse du PJD. Un rapprochement « qui n’a pas lieu d’être », nous assure de son côté Slimane El Omrani, secrétaire général adjoint du parti.

« Le PJD n’a aucune responsabilité dans cette campagne de boycott. Ce sont simplement des activistes qui exercent leur droit à la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. Nous ne pouvons pas les empêcher de le faire », a-t-il estimé. « La liberté est sacrée », martèle-t-il.

Du côté des entreprises concernées, aucune réaction officielle n’a été rendue publique pour le moment. Contactée ce matin, une source au sein du groupe Akwa nous a assuré qu’il n’y avait pour le moment aucun impact sur les ventes de carburants. « Vous n’avez qu’à aller faire un tour dans les stations-service du pays pour vous en apercevoir vous-mêmes », nous a-t-elle fait remarquer.

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