La dernière chance des sunnites ?

Par Omar Saghi

La photo circule sur les réseaux sociaux. Trois hommes en tenue de ville sourient à l’objectif. Sous forme de charade, cela donnerait “mon premier est l’héritier du trône d’un colosse aux pieds d’argile, pris dans les rets d’alliances et de choix idéologiques contradictoires, menacé par la fin de la rente pétrolière ; mon second est le souverain d’un vieux royaume bousculé par la modernité et fragilisé par le manque chronique de capitaux ; mon troisième est aussi un héritier, mais d’une autre sorte, fils d’un self-made-man, chef de gouvernement d’un pays sans gouvernement, dans un Etat respecté et pourtant sans Etat.

L’arabie saoudite penche dangereusement vers l’aventurisme bonapartiste

La photo qui montre Saad Hariri, Mohammed VI et Mohammed ben Salman côte à côte, comme de vieux amis, dit plus qu’elle ne laisse croire. Elle montre ce qui reste d’une région détruite. Lors des printemps arabes de 2011, tout le sud méditerranéen fut balayé sauf ces trois-là, et les principautés et royaumes qui gravitent autour de l’un d’eux. Des miraculés donc ? Pas tout à fait : le Liban, le Maroc et l’Arabie Saoudite…

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