Migrants subsahariens, la deuxième génération

Si le royaume est une route vers l'Europe, beaucoup de migrants subsahariens y sont coincés ou se résignent à y rester. Leurs enfants naissent et grandissent au Maroc, sans connaître leur pays d’origine.

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Mariam, 37 ans, tient dans ses bras sa fille Amina, 6 mois, qui n'est toujours pas déclarée.

Sur la devanture d’un nouveau salon de coiffure du quartier Oulfa, des photos de coupes afro sont exposées. “C’est pour attirer les clients subsahariens”, commente Mariam, installée au premier étage. En attendant ses clientes, la coiffeuse ivoirienne fait sautiller sur ses genoux sa fille de six mois aux grands yeux noirs. “Elle s’appelle Amina. Enfin, je l’appelle comme ça mais elle n’a pas encore de papiers”, explique la femme de 37 ans qui a abandonné son propre salon à Bondoukou pour arriver au Maroc en 2015. C’est à Casablanca qu’elle s’installe après avoir laissé tomber le rêve de l’Europe, “trop compliqué, trop dangereux”. C’est là aussi qu’elle rencontre son conjoint, Lassane, qui est retourné en Côte d’Ivoire alors que Mariam est enceinte de huit mois. “Pour entamer la procédure d’état civil, il manque ses papiers et sa lettre de reconnaissance de paternité, puisque nous ne sommes pas…

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