Asma Lamrabet quitte la Rabita des oulémas à cause de ses positions réformatrices sur l’héritage

Objet de pressions sur ses positions sur l'héritage, la théologienne Asma Lamrabet a quitté la Rabita Mohammedia des oulémas.

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Asma Lamrabet a démissionné de son poste de présidente du Centre d’études et de recherche féminine en islam, placé sous la houlette de la Rabita Mohammedia des oulémas.

L’annonce, faite lundi 19 mars, sur Facebook, a suscité beaucoup de réactions, tant les raisons de son départ sont contradictoires. A-t-elle jeté l’éponge de son propre chef ou a-t-elle été démise de ses fonctions? Plusieurs sources proches de la théologienne nous confient que sa démission est liée à des pressions dont elle faisait l’objet à cause de ses positions sur l’héritage.

Publié en 2017 aux éditions En toutes lettres, son livre « Les femmes en islam : les questions qui fâchent » avait suscité la polémique, surtout ses positions en faveur de l’égalité dans l’héritage entre homme et femme.

« Les interprétations du coran ne sont pas immuables comme on veut nous le faire croire. On s’est focalisé sur ce verset coranique qui paraît figé, alors qu’il existe dans le coran d’autres versets qui mettent en valeur l’égalité entre les deux sexes, comme le recours au testament (Al wassiya)« , déclarait Asma Lamrabet à l’hebdomadaire Jeune Afrique suite à la parution de son essai.

Selon une source contactée par Telquel Arabi, c’est surtout son intervention du vendredi 16 mars à Rabat, lors d’une discussion autour du livre « L’héritage des femmes » de Siham Benchekroun, qui a attiré à Asma Lambrabet les foudres des salafistes, mais aussi de l’aile rigoriste de la Rabita.

Selon un communiqué de la Rabita Mohammedia des oulémas, elle a été remplacé par Farida Zomrod, rédactrice en chef de la revue Arroeya, et membre de son bureau exécutif de la Rabita.

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