Le prince héritier saoudien entame une visite aux Etats-Unis

Le prince héritier saoudien entame une visite aux Etats-Unis

Mohammed Ben Salman a entamé lundi une visite officielle de deux semaines aux Etats-Unis. Le prince héritier saoudien va rencontrer Donald Trump à la Maison-Blanche, et assistera notamment à l'entrée en bourse du groupe pétrolier Aramco.

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Mohamed Ben Salmane et Donald Trump Crédit: NICHOLAS KAMM/AFP

Mohammed Ben Salman est arrivé lundi à Washington pour la première étape d’un « road trip » américain de deux semaines. Il sera reçu par le président américain Donald Trump ce mardi à la Maison-Blanche. Le prince héritier saoudien effectuera des visites au Capitole et au Pentagone.

Outre ces réunions officielles, il fera une tournée dans les grandes villes américaines, dans le but de redorer l’image de l’Arabie Saoudite, confirmer l’alliance américano-saoudienne et chercher des investissements pour sa « vision 2030 » afin de bâtir une économie indépendante du pétrole.

Il sera également question des nombreuses crises dans la péninsule arabique, la guerre au Yémen, la rupture des relations avec le Qatar et bien sûr la question de l’Iran, éternelle obsession du royaume wahhabite. « Il y a deux visions antagonistes: celle de la lumière et la vision des ténèbres entretenue par l’Iran », a déclaré Adel Al Jubeir, ministre saoudien des Affaires étrangères à la presse, lundi à Washington.

« La lumière triomphe toujours sur les ténèbres », a-t-il poursuivi. Malgré un durcissement de la politique de l’administration Trump, les Saoudiens ne digèrent toujours pas l’accord sur le nucléaire iranien, signé pendant le mandat du président Obama.

Interviewé le 15 mars par la chaîne américaine CBS, Mohammed Ben Salman a comparé le guide suprême iranien, Ali Khamenei, à Adolf Hitler. « Il veut créer son propre projet au Moyen-Orient tout comme Hitler voulait s’étendre en son temps », a-t-il déclaré.

Une rhétorique qui rappelle celle déjà employée en novembre 2017 lors d’un entretien accordé par le prince saoudien au New York Times: « Nous avons appris de l’Europe que l’apaisement ne marche pas. Nous ne voulons pas que le nouvel Hitler de l’Iran refasse au Moyen-Orient ce qui s’est passé en Europe« .

L’Iran, pour sa part, nie toujours son intention de se doter de l’arme atomique, affirmant que son programme servira à des fins civiles. Le royaume wahhabite ne l’entend pas de cette oreille. « L’Arabie saoudite ne veut pas se doter d’une arme nucléaire, mais si l’Iran développe une bombe nucléaire, nous suivrons la même voie le plus vite possible, sans l’ombre d’un doute », a déclaré le prince héritier lors de l’interview à CBS qui sera diffusée en intégralité dimanche 25 mars au soir.

Concernant le Yémen, le ministre saoudien des Affaires étrangères rejette la faute de la crise humanitaire aux rebelles Houthis. « Nous n’avons pas voulu cette guerre et nous voulons un processus politique », a déclaré Adel Al Jubeir à la presse, à la veille de la visite du prince héritier.

Pour rappel, l’Arabie saoudite a créé une coalition arabe en 2015 pour soutenir le pouvoir d’Abdrabbo Mansour Hadi, président reconnu par la communauté internationale, contre les rebelles Houthis.

Sur la question de la rupture des relations avec le Qatar, le ministre des Affaires étrangères estime que cette « question est mineure » et cette crise prendra le temps qu’il faudra avant d’ajouter que Doha « doit cesser de soutenir le terrorisme« .

Selon son programme, Mohammed Ben Salman se rendra le 26 mars à New York pour l’introduction en bourse du groupe pétrolier saoudien Aramco, a annoncé l’ambassade à Washington ce lundi dans un communiqué. Cette opération permettra à Riyad de réaliser une importante levée de fonds.

Sur le reste de son programme, le prince héritier s’envolera pour la côte ouest le 30 mars, à Los Angeles puis à San Francisco pour rencontrer les dirigeants de Google et Apple.

Rappelons que la dernière rencontre de Mohyammed Ben Salman et Donald Trump avait eu lieu en mai 2017 en Arabie Saoudite. Cette visite du président américain avait donné lieu à la signature de contrats pour 380 milliards de dollars, dont 110 milliards en armement.

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