Ian Kirk (Sanlam) : "Aucun obstacle pour les entreprises sud-africaines qui souhaitent faire des affaires au Maroc"

Ian Kirk (Sanlam) : "Aucun obstacle pour les entreprises sud-africaines qui souhaitent faire des affaires au Maroc"

Dans un entretien par écrit avec Telquel.ma, le directeur exécutif du groupe sudafricain Sanlam Ian Kirk, acquéreur le 7 mars du pôle assurance de Saham, revient sur les implications de ce deal continental à 1 milliard de dollars.  

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Telquel.ma : Quand avez-vous pour la première fois évoqué avec Saham la possibilité d’acquérir 100% du capital de Saham Finances ?

Ian Kirk : Sanlam et sa filiale d’assurance générale Santam ont pour la première fois acquis un contrôle de 30% dans Saham Finances en février 2016, puis 16,6% supplémentaires en mai 2017. Depuis le temps, différents échanges pour conclure les transactions de ces trois dernières années ont eu lieu entre les parties au contrat. Sanlam était enclin à acquérir un contrôle majoritaire de Saham sur le long terme afin de former une entité panafricaine, mais cette éventualité était fondée sur des circonstances à un moment bien précis.

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Quelle importance accorde Sanlam à cette opération?

L’acquisition de Saham est extrêmement importante pour Sanlam. Saham Finances est l’un des plus gros assureurs africain et il domine le marché dans la plupart des 26 pays où il opère en Afrique du Nord, de l’Ouest et de l’Est ainsi qu’au Moyen-Orient.

Non seulement c’est la plus grosse acquisition du groupe Sanlam depuis sa création, mais ce sera aussi la plus grosse transaction non-bancaire en Afrique. Cette transaction appuie la stratégie de Sanlam de se doter d’un positionnement unique sur le continent comme un véritable groupe panafricain de services financier non-bancaire.

Avec nos forces et compétences combinées, nous serons en mesure de nous concentrer sur les multinationales et leurs intermédiaires de manière plus efficace qu’aucun autre groupe sur le continent. De plus, Saham Finances est très solide en matière de santé et d’assistance, avec un modèle bien éprouvé en Afrique qui peut être exploité davantage encore.

En outre, notre empreinte conjointe positionnera  Sanlam comme le fournisseur de services financiers de référence pour les multinationales, les courtiers, les banques et autres distributeurs mais aussi comme un réseau de partenaire privilégié pour les assureurs internationaux qui n’ont pas d’ancrage africain. Nous croyons que nous sommes bien placés pour répondre aux besoins en services financiers des sociétés et de leurs équipes.

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Au Maroc, vous entrez de plain pied sur le deuxième marché de l’assurance en Afrique. Quels sont vos objectifs pour Saham Assurance Maroc ?

Nous avons été très impressionnés par la performance de la société au Maroc, et l’innovation qui y est développé. Saham Maroc est l’une des sociétés clés de Saham Finances et notre stratégie sera de travailler avec les équipes locales et les actionnaires pour continuer à la développer.

Avez-vous l’intention de continuer à utiliser la marque Saham, à la fois au Maroc et dans le reste de l’Afrique? Pour combien de temps ?

Sanlam croit à la valeur des marques locales fortes. C’est ce que démontre l’utilisation de différentes marques sur l’ensemble de notre portefeuille. Avec la transaction, nous avons l’option de continuer à utiliser la marque Saham pour un certain nombre d’années. Comme par le passé, nous continuerons à évaluer en permanence la valeur des différentes marques du portefeuille, et nous prendrons les décisions en fonction du marché.

Etant donné l’actionnariat de Saham Group et de Sanlam, ainsi que la froideur des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Afrique du Sud, à quel point l’aspect politique de la transaction a-t-il été pris en compte?

L’ancien président Jacob Zuma a clairement indiqué ses intentions de normaliser les relations diplomatiques entre l’Afrique du Sud et le Maroc, et nous attendons que cela soit mis en oeuvre. De notre point de vue, il n’y a actuellement aucun obstacle diplomatique ni commercial pour les entreprises sud-africaines qui souhaitent faire des affaires au Maroc. Nous sommes confiants dans le fait que la relation entre l’Afrique du Sud et le Maroc va se développer dans les années à venir.

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Le deal aurait-il été possible avant que Mohammed VI et Jacob Zuma ne se rencontrent en novembre 2017 ?

Le partenariat entre Sanlam et Saham Finances a débuté il y a plus de trois ans.

Envisagez-vous d’investir au côté du nouveau fonds d’investissement panafricain de Saham, dans des activités autres que l’assurance ?

Oui, Sanlam et son partenaire en Afrique du Sud ARC Investments, ont construit une très bonne relation de travail avec Monsieur Elalamy et vont assurément réfléchir à co-investir avec le fonds d’investissement de Saham. Les deux parties, Sanlam et Monsieur Elalamy, sont désireuses de renforcer nos relations. Nous avons tous les deux bien conscience de l’opportunité panafricaine.

Y-a-t-il une anecdote, au cours de vos échanges avec Saham, qui illustrerait cette relation entre les deux groupes ?

Il y a eu beaucoup de discussions intéressantes avec beaucoup de personnes au sein des deux groupes ces dernières années. L’actuel président du conseil d’administration de Sanlam, Dr Johan van Zyl, a démarré les discussions alors qu’il était encore directeur général. Au début, il pouvait y avoir de l’appréhension chez certains à cause de la langue et de différences culturelles. Néanmoins, les deux groupes partagent la même culture d’entreprise, ce qui a grandement facilité le travail. Nous avons également partagé des moments plus légers, tandis que des discussions sérieuses se sont déroulées à Paris, Casablanca, Rabat, Marrakech et Le Capn au cours des trois dernières années.

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