Après le départ du "bulldozer" Uber, les acteurs marocains du VTC se frottent les mains

Après le départ du "bulldozer" Uber, les acteurs marocains du VTC se frottent les mains

Uber a annoncé son retrait du Maroc en début de semaine. Si le célèbre service de Véhicule de transport avec chauffeur (VTC) avance des problèmes réglementaires, les acteurs du secteur évoquent la loi du marché et des soucis organisationnels.

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En trois ans, des dizaines de chauffeurs et utilisateurs Uber ont été agressés par les taxis rouges de Casablanca, protestant contre une "concurrence déloyale" (crédit: DR)

Uber a annoncé son retrait du Maroc en début de semaine. Si le célèbre service de Véhicule de transport avec chauffeur (VTC) avance des problèmes réglementaires, les acteurs du secteur évoquent la loi du marché et des soucis organisationnels.

« Tant qu’il n’y aura pas de vraie réforme et un environnement favorable aux nouvelles solutions de mobilité, nous sommes contraints de suspendre nos opérations »Dans un communiqué publié ce lundi, Uber a annoncé qu’il se retirait du Royaume à partir du vendredi 23 février. « Depuis notre lancement au Maroc il y a bientôt 3 ans, nous n’avons pas eu de clarté sur l’intégration des applications comme la notre au modèle de transport existant », justifie l’entreprise américaine, qui revendique 300 chauffeurs pour 19.000 utilisateurs marocains.

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Si le pionnier des VTC pointe des soucis réglementaires, les acteurs du secteur mentionnent plutôt des réalités économiques. Certains s’en réjouissent, à l’image de VotreChauffeur.ma, à qui ce départ a même inspiré une campagne publicitaire. Ce titulaire d’une centaine d’agréments de tourisme, qui facture la course de ses véhicules à un prix d’entrée de 69 dirhams, espère récupérer la clientèle haut de gamme de son concurrent.

« C’est vrai que leur notoriété nous a aidés à faire connaître le VTC ici. Ils ont défriché un terrain dont nous récoltons aujourd’hui les fruits », reconnaît Ismaël Belkhayat, fondateur de VotreChauffeur.ma. « Mais ils nous ont fait beaucoup de mal avec leur politique de dumping. Pour une course facturée 18 dirhams au client, le chauffeur en recevait 60, le reste étant financé à perte par leurs fonds d’investissement. Le but était de tuer le marché, afin d’augmenter les tarifs quand ils ne resteraient plus qu’eux », tacle l’entrepreneur, dont la start-up transporte mensuellement 10.000 professionnels, touristes, et autres nantis.

Hicham Amadi avance d’autres explications. Le président du conseil d’administration de Heetch Maroc, qui a signé des conventions syndicales avec la quasi-totalité des taximen, dénonce une stratégie « bulldozer ». Amalgamés avec ceux d’Uber, plusieurs de ses conducteurs ont été passés à tabac depuis le lancement de l’application à Casablanca, en novembre dernier. D’après le responsable, c’est le manque de « cohésion » des équipes d’Uber qui auraient eu raison de son rival.

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Enfin, selon Mustapha Chaoune, secrétaire général national de l’Organisation démocratique des professionnels du transport, Uber n’a pas su s’adapter aux spécificités du marché national. « Avec leurs tarifs, ils visaient une classe moyenne qui n’existe pas », tranche-t-il. Pour ce porte-parole de quelque 9.000 professionnels du transport, il est urgent de légiférer, afin d’encadrer l’activité de ces nouveaux intermédiaires que d’aucuns jugent « illégaux ».

Contactée par nos soins, la directrice générale d’Uber Maroc n’a pas répondu à nos appels.

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