Le ministère des Affaires étrangères achève la mue de son organigramme

En moins d'un an, 100% des directeurs du ministère des Affaires étrangères auront été renouvelés. C'est aussi le cas de 50 % des chefs de division et 70 % des chefs de service. Une mue censée mettre en accord le MAE avec ses priorités et apporter de la "fraicheur".

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Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères - Crédit : R.Tniouni / TelQuel

Le 15 février trois nouveaux directeurs du ministère des Affaires étrangères (MAE) ont été nommés en Conseil du gouvernement: Chafika El Habti (diplomatie générale et des acteurs non gouvernementaux), Lahssen El Assri (affaires juridiques et des traités), et Omar Amghar (Union européenne et processus méditerranéens).

Déjà, le 22 janvier, le Conseil des ministres présidé par le roi Mohammed VI validait la nomination de trois autres directeurs: Fouad Yazough (relations bilatérales), Anas Khalis (protocole), et Abdelkader El Ansari (affaires d’Asie et Océanie). Le 2 novembre 2017, sept nominations de directeur étaient encore actées en Conseil du gouvernement.

En moins d’un an, depuis mai 2017, c’est la totalité du directoire du MAE qui a été renouvelé, soit une vingtaine de directeurs nommés. La partie visible de l’iceberg en réalité, car dans les bureaux du ministère de l’Avenue Franklin Roosevelt une trentaine de chefs de division ont aussi été nommés (50 % d’entre eux), tandis qu’une cinquantaine de chefs de service (70 % des postes) ont été changés.

Selon nos informations, trois nominations de directeurs sont encore à attendre : le directeur des ressources humaines, le directeur de l’académie des études diplomatiques, ainsi que l’inspecteur général. Ces trois postes dont le processus de recrutement est en cours devraient clore une vaste phase de restructuration du ministère de Nasser Bourita.

Place aux femmes et aux jeunes

« Le ministère a entrepris un renouvèlement de la structure pour donner de la visibilité à l’action. Les nominations sont effectives pour 3-4 ans, ce qui permet de se projeter dans l’avenir. La structure a également été adaptée aux priorités du ministère, c’est ainsi qu’a été créée une direction de l’Union africaine (qui remplace l’ancienne direction de l’Union du Maghreb arabe, NDLR) et que la direction de l’Union européenne a été recadrée« , explique une source autorisée.

Selon la même source, tous les recrutements sont passés par des appels à candidatures, dont certains ont été déclarés infructueux. « Certains postes ne pouvaient être affectés qu’à des diplomates de carrières parce qu’ils requièrent des profils bien spécifiques. D’autres postes ont permis une ouverture aux compétences hors du ministère« , précise notre source.

Au niveau du directoire, cette réorganisation a permis de féminiser les postes à responsabilité. C’est ainsi que les affaires américaines, culturelles, économiques et la communication sont désormais entre les mains de quatre directrices.

La restructuration fait aussi la part belle aux jeunes. « 70 % des personnes nommées depuis huit mois accèdent à des fonctions de responsabilité pour la première fois. En l’occurrence, c’est de la promotion verticale de personnes recrutées il y a 4 ou 5 ans, et qui ont aujourd’hui une expérience qui leur permet d’accéder à un premier niveau de responsabilité. Ils auront à confirmer leurs ambitions par un système de suivi d’environ six mois, sanctionné par une évaluation. L’idée c’est que les gens ne stagnent pas, qu’ils aient bien conscience qu’il y a des perspectives d’évolutions au sein du ministère, mais qu’elle n’est pas garantie. Il y a des défis à relever« , explique une source amenée à arbitrer.

Le guide du parfait diplomate

Outre ce nouvel organigramme, le MAE a également mis en place une nouvelle « charte du diplomate » déclinée sous forme de guide pour évoluer au sein du ministère. Alors qu’une précédente charte faisait appel à des valeurs telles que le patriotisme, l’engagement, la modération et la communication, ce nouveau document se concentre sur « la présence, la rigueur, l’innovation et la valorisation« .

« La diplomatie, ce n’est pas du fonctionnariat. On ne peut pas suivre les horaires officiels« , explique notre interlocuteur, qui parle d’une présence de 12 à 14 heures par jour pour illustrer ce premier axe baptisé « présence et encadrement« .

Deuxième axe: la rigueur et la maitrise. « Une diplomatie est dépositaire des éléments de la politique étrangère. Si la maitrise n’est pas là, on ne peut pas la trouver ailleurs. L’improvisation et l’approximation n’ont pas leur place« , explicite notre interlocuteur.

« La diplomatie est codifiée, mais il y a un espace à l’intérieur des normes pour apporter des idées nouvelles. Il faut d’ailleurs que les recrues puissent injecter de la fraicheur et que l’on ne reste pas dans la répétition de ce que l’on faisait dans le passé« , détaille-t-il sur le troisième axe, l’innovation.

« Il s’agit que du plus novice au ministre, chacun participe à son niveau à toutes les étapes du programme d’un dossier donné. C’est comme cela qu’on se sent valorisé et impliqué« , poursuit notre interlocuteur sur le dernier axe, la valorisation.

Selon nos informations, une vague de réorganisation des cadres du ministère à l’étranger devrait suivre cette première réorganisation de l’administration centrale.

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