PJD: un nouveau pas vers un troisième mandat de Benkirane a été franchi

La commission de la réglementation et des procédures du PJD a approuvé le changement des statuts, ouvrant la voie à un troisième mandat d’Abdelilah Benkirane à la tête du parti. Une petite victoire pour les partisans de l’ex-chef du gouvernement, en attendant le congrès national.

Par

Crédit: Yassine Toumi

L’éventualité d’un troisième mandat d’Abdelilah Benkirane à la tête du PJD se précise. Longtemps éludé dans les instances du parti de la lampe, le sujet a été discuté le 15 octobre au sein de la commission de la réglementation et des procédures placée sous la tutelle du Conseil national. Verdict: 22 membres se sont prononcés en faveur de l’amendement de l’article 16 du règlement intérieur, 10 ont voté contre. La commission donne ainsi son feu vert pour un changement de statuts qui lèverait l’interdiction d’un troisième mandat.

Autre sujet de discorde: le règlement actuel faisant des ministres des membres du secrétariat général de facto. Selon les informations d’Al Yaoum 24, confirmées par nos sources, l’ambiance de la réunion était tendue. Hostiles à un troisième mandat de Benkirane, plusieurs ministres, dont Mustapha Ramid, Aziz Rebbah et Mohamed Yatim, ont tenté de rallier les membres de la commission à leur cause, en vain.

Des défaites et des interrogations

« On a beau dire le contraire, il y a de vraies tensions au sein du parti. En faisant beaucoup de concessions, le PJD a provoqué une crise de confiance même au sein de ses membres« , nous expliquait en juillet une source au secrétariat général du PJD.

Pour redorer le blason de la formation islamiste, certains cadres du parti estiment n’avoir plus qu’une carte à jouer : Abdelilah Benkirane. « Dans le contexte actuel, El Othmani, qui n’est pas très populaire, ne doit pas prendre la tête du parti », poursuivait la même source.

Autre argument des partisans de Benkirane: après l’éviction du zaïm de la tête du gouvernement , le PJD a été battu à plate couture par l’Union constitutionnelle lors des élections partielles du 4 mai à El Jadida, perdant d’un coup 17.000 voix par rapport aux élections du 7 octobre où le score culminait à 24.000 électeurs.

La récente défaite à Agadir face au parti d’Aziz Akhannouch est loin d’arranger les choses. À tel point qu’au lendemain de la victoire du RNI, Saad Eddine El Othmani twittait: « Je suis prêt à démissionner si c’est dans l’intérêt du parti« .

Interrogés à plusieurs reprises sur leur intention de se porter candidat à la tête du PJD, Abdelilah Benkirane et Saad Eddine El Othmani ont toujours botté en touche. Toujours est-il que la course de l’ex-chef du gouvernement vers un troisième mandat ne fait que commencer. Approuvé par la commission de la réglementation et des procédures, le changement de statuts devra être validé par le congrès national, qui aura lieu les 9 et 10 décembre.

 

article suivant

Chakib Alj : “Un gel de la commande publique allait engendrer la mort de nombreux opérateurs économiques”