Allemagne: les sociaux-démocrates refusent de gouverner avec Merkel

Le parti social-démocrate (SPD) a annoncé dimanche ne plus vouloir former de coalition avec les conservateurs dans le futur gouvernement d'Angela Merkel et préférer siéger dans l'opposition au Parlement, après une défaite d'ampleur historique aux législatives allemandes.

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« Ce soir prend fin le travail avec la CDU et la CSU », les deux partis conservateurs emmenés par Mme Merkel avec lesquels le SPD gouvernait depuis 2013, a lancé le candidat social-démocrate Martin Schulz, indiquant qu’il souhaitait rester à la tête du parti.

« Nous avons reçu un mandat clair des électeurs pour aller dans l’opposition », avait déclaré un peu plus tôt l’une des responsables du parti, Manuela Schwesig, sur la chaîne de télévision ZDF. « Pour nous, la grande coalition (avec les conservateurs) s’achève aujourd’hui », avait-elle ajouté.

« Aujourd’hui, c’est un jour difficile et amer pour la social-démocratie allemande », a encore lancé M. Schulz, 61 ans.

Evoquant le score des populistes de droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédités selon les estimations d’environ 13% des voix, l’ancien président du Parlement européen a estimé que leur entrée au Parlement constituait « une césure qu’aucun démocrate ne peut ignorer ».

« Nous sommes le bastion de la démocratie dans ce pays », a-t-il encore lancé, assurant que son parti allait continuer à se battre dans l’opposition pour la « démocratie, la tolérance et le respect ».

Après cette « défaite amère », la plus sévère depuis 1949, « la place du SPD est dans l’opposition », a renchéri le chef de la fraction parlementaire du plus vieux parti d’Allemagne, Thomas Oppermann, interrogé sur la chaîne publique ARD.

Le résultat du vote « est un rejet de la grande coalition », a-t-il ajouté. Les sociaux démocrates ont gouverné à deux reprises avec Angela Merkel au cours des ses douze années de pouvoir.

En renonçant à une nouvelle alliance gouvernementale, le SPD permet aussi d’éviter que l’AfD devienne le premier parti d’opposition à la chambre des députés.

Ce dernier a recueilli entre 13 et 13,5% des voix, ce qui le place en troisième position selon les sondages à la sortie des urnes, le SPD entre 20 et 21%. Les conservateurs d’Angela Merkel sont crédités de 32,5% à 33,5% des voix.

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