5 hashtags cybermilitants de ces 10 dernières années au Maroc

Le hashtag fêtait ses 10 ans cette semaine. Ce mot-clé précédé d'un dièse permet de regrouper les tweets - et récemment les posts Facebook - autour d'un même sujet. Au Maroc, le hashtag a été un outil de cyber-militantisme qui a pu modeler l'opinion publique. Retour sur 5 des hashtags les plus marquants du Maroc 2.0.

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#DanielGate, #Khodam_Dawla, #EducMa, #Alerte7mar… Sur Twitter, comme sur Facebook, le hashtag permet aux Marocains de se regrouper autour d’une polémique, d’une thématique ou d’un événement qui a marqué l’opinion publique. Nous avons sélectionné 5 hashtags relatifs à des événements qui ont suscité un large engouement des internautes. Flashback.

#DanielGate

En août 2013, Daniel Galvan, un pédophile espagnol condamné à trente ans de prison par la justice marocaine bénéficie d’une grâce royale. L’affaire éclate et l’opinion publique en ébullition. Sur les réseaux sociaux, les internautes lancent les hashtags #DanielGate et #Mafrasich, et un appel à manifester rassemble des milliers de marocains dans les rues le 2 août pour contester cette libération. Par la suite, la grâce royale sera retirée et le pédophile réincarcéré en Espagne, où il purge le reste de sa peine.

#Khoudam_Dawla (#خدام_الدولة)

En juillet 2016, la presse nationale révèle que de hauts fonctionnaires de l’Etat ont bénéficié de cession de lots de terrains situés dans un des quartiers les plus huppés de Rabat et appartenant à l’Etat, à des prix dérisoires. Parmi ces fonctionnaires, l’actuel ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, les USFPéistes Habib El Malki et Driss Lachgar ainsi que l’istiqlalien Taoufik Hjira. Satirique, le hashtag #خدام_الدولة (serviteurs de l’Etat) fait référence à un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et des Finances, dans lequel il est expliqué que les terrains  « font partie d’un lotissement destiné aux fonctionnaires et aux commis de l’Etat ».

#Anamachitria

En juin 2014, le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane intervenant à la Chambre des conseillers se fait remarquer en déclarant que «les femmes représentent le lustre (‘tria’ en darija) de la maison. Quand elles quittent leurs foyers pour travailler, les lumières de la maison s’éteignent ». Choqués, les internautes se rassemblent sous la bannière du hashtag #anamachitria (je ne suis pas un lustre), pour dénoncer les propos polémiques de Benkirane.

#T7anmo (طحن_مو#)

En octobre 2016, Mohcine Fikri poissonier d’Al Hoceima, meurt broyé par le mécanisme d’un camion-benne alors qu’il tentait de contester la saisie de sa marchandise par des agents de la ville. L’événement suscite une vague d’indignation et des appels à manifester circulent sur les hashtag طحن_مو# («Broie-le») malgré le démenti des autorités que ce mot ait été utilisé et كلنا_محسن_فكري# («Nous sommes tous Mouhcine Fikri»). A Al Hoceïma, les manifestations se poursuivent pendant plusieurs semaines, c’est le début du #Hirak du Rif.

#FreeKoulchi

Le 6 avril 2014, onze militants sont arrêtés lors d’une « marche nationale » organisées par trois syndicats pour dénoncer la politique du Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. Parmi eux, Ayoub Boudad (19 ans), surnommé Bart Simpson par ses proches. Pour réclamer la libération des détenus, les internautes lancent #FreeSimpson et #FreeKoulchi, sur lesquels ils appellent à rejoindre des sit-in et des flashmobs.

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