Ruée vers les devises: retour à la normale après le "rappel" de l’Office des changes

Ruée vers les devises: retour à la normale après le "rappel" de l’Office des changes

L’Office des changes a adressé un "rappel" aux banques après la ruée vers les devises qui a défrayé la chronique. "Aujourd’hui, on est en train de revenir à des normes qu’on a observées de manière historique", nous révèle le directeur de l’Office des changes, Hassan Boulaknadel.

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L’Office des changes a adressé un « rappel » aux banques après la ruée vers les devises qui a défrayé la chronique. « Aujourd’hui, on est en train de revenir à des normes qu’on a observées de manière historique », nous révèle le directeur de l’Office des changes, Hassan Boulaknadel.

« Les produits de couverture doivent absolument être adossés à des transactions commerciales réelles« . C’est la « clarification » que vient d’adresser l’Office des changes aux banques. « Pour éviter toute mauvaise interprétation des uns et des autres, nous avons adressé ce rappel des règles qui ont toujours prévalu », nous explique le directeur de l’Office des changes, Hassan Boulaknadel. Un « rappel » de l’instruction générale des opérations de change qui intervient après la ruée observée vers les devises après l’annonce du passage à un régime de change flexible du dirham.

Soupçonnées d’avoir instrumentalisé la panique des opérateurs qui craignaient une dépréciation de la monnaie nationale, les banques avaient d’abord été rappelées à l’ordre par le wali de Bank Al Maghrib Abdellatif Jouahri.

« Je ne suis pas content parce qu’on spéculait contre le dirham. Nous considérions les banques comme les meilleures porte-paroles de cette réforme auprès des opérateurs », regrettait le gouverneur de la banque centrale lors d’une conférence de presse tenue le 20 juin. Abdellatif Jouahri avait même ordonné une enquête « pour savoir qui a fait quoi ».

Alors rappel à l’ordre ou « clarification des règles »? Laissant échapper un rire, Boulaknadel répond que « c’était juste une clarification des dispositions réglementaires« .

Nous avons deux process de contrôle. Il y a d’abord les missions de contrôle, qui sont continues, et qui consistent chaque année à sélectionner des opérateurs qui font de l’import-export et à les auditer. Chaque fois qu’il y a un évènement ponctuel, on descend sur le terrain et on essaie de comprendre les enjeux et le pourquoi des opérations. Quand il le faut, on rappelle les gens à l’ordre ou on explicite mieux la règle. On leur dit que, normalement, toutes les sociétés ont des prévisions en termes de provisionnement – ce n’est pas quelque chose qu’elles découvrent au jour le jour -, car elles ont la saisonnalité et les cours internationaux à gérer… De notre côté, on regarde leur moyenne de comportement. 

Hassan Boulaknadel

« S’il y a un pic, on essaie de le comprendre : soit il y a des raisons de flambée de la matière première ou flambée d’une devise, et dans ce cas il n’y a pas de souci. Mais quand il n’y a pas ces évènements-là, on rappelle à l’ordre« , précise encore le directeur de l’office des changes.

Le rappel et les messages rassurants – et dissuasifs – de Jouahri ont-ils pu apaiser la pression sur les devises? « À partir du moment où on a clarifié les règles, aujourd’hui on est en train de revenir à des normes qu’on a observées de manière historique, secteur par secteur « , poursuit Hassan Boulanknadel.

Le retour à la normale nous est confirmé par une source au ministère des Finances. « Depuis la sortie de Saad Eddine El Othmani, la pression sur les devises a baissé. Par exemple, le mercredi 5 juillet, la demande de devises était de 200 millions de dirhams, contre un pic qui a dépassé 1,5 milliard de dirhams« , révèle notre interlocuteur.

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