Mahi Binebine: "Tous les soirs, mon père devait raconter des histoires à Hassan II"

Mahi Binebine: "Tous les soirs, mon père devait raconter des histoires à Hassan II"

L'écrivain et artiste Mahi Binebine a été invité le samedi 3 juin dans l'émission français, Salut les terriens diffusée sur Canal +, afin de revenir à la fois sur l'histoire de son père et celle du quartier de Sidi Moumen.

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Tous les samedis, à 18h55, le présentateur français Thierry Ardisson reçoit, dans son émission Salut les Terriens diffusé sur Canal +, une personnalité pour répondre à la question : « T’es qui toi? ». Le 3 juin, c’est à l’artiste peintre et écrivain Mahi Binebine qu’a été consacrée cette tranche de l’émission. Au cœur de la conversation entre Ardisson et Binebine, le dernier roman de l’écrivain Le Fou du roi, qui lui a valu une sélection pour le prix Renaudot 2017.

Lors de cet entretien, Mahi Binebine revient notamment sur la relation entre son père et le roi Hassan II qui l’a « recruté »  en tant que « bouffon » après avoir entendu la chanteuse Oum Kalthoum parler de lui.

Tous les soirs, mon père devait lui raconter des histoires. Hassan II s’endormait très tard, jusqu’à 3 ou 4 h du matin. Il ne savait jamais quand le roi dormait. Alors de temps en temps, il parlait d’une histoire qui s’est passée au 8e siècle et il ajoutait un ascenseur ou avion dedans pour voir si le roi réagissait.

Lire aussi : Autofiction: Mon père, ce bouffon

L’écrivain évoque également l’emprisonnement de son frère à la prison de Tazmamart suite au coup d’Etat du 10 juillet 1971. « Ma mère était convaincue qu’il était vivant. Elle gardait tous les jours une part de tajine pour lui. Quand elle avait la nostalgie, elle sacrifiait la moitié du tajine !« , s’amuse-t-il aujourd’hui. Après 18 années passées en prison, c’est en 1991 que son frère est libéré. « Il a survécu car il ne buvait pas beaucoup d’eau, qui était sale« , précise-t-il.

Lors de leur conversation, Thierry Ardisson et Mahi Binebine ont également évoqué le quartier de Sidi Moumen, d’où sont originaires les auteurs des attentats du 16 mai 2003.  Un quartier où l’artiste a créé, avec le cinéaste Nabil Ayouch, le centre culturel des Etoiles de Sidi Moumen pour que les enfants « viennent apprendre la culture de la vie, et non pas la culture de la mort« , explique l’invité sur le plateau français.

D’autres centres culturels devraient ouvrir à Tanger, Fès, Marrakech et Essaouira. « Nous envisageons aussi Ourzazate et Tan-Tan », annonce  Mahi Binebine.

Lire aussi : Reportage. Dans les coulisses des Etoiles de Sidi Moumen

 

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