"L'Afrique en capitale": Rabat célèbre les couleurs du continent

"L'Afrique en capitale": Rabat célèbre les couleurs du continent

"L'Afrique en capitale" met à l'honneur la culture et l'art contemporain africain. Au programme, expositions, concerts, conférences et projections de films.

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Au musée Mohammed VI  d’Art moderne et contemporain, des artistes de renommée internationale mettent la créativité et l’imaginaire africains au service de l’art contemporain. Pas moins de trois expositions sont au programme. Visite guidée.

« Regard contemporain sur l’art africain » nous propose une exploration originale d’un ensemble de tableaux, de sculptures et d’objets de design uniques. Des tableaux colorés et pleins d’humour du Congolais Chéri Chérin à ceux au style faussement naïf de Chéri Samba en passant par les toiles abstraites de la Nigérienne Nike Okundaye, du Ghanéen Kwame Akoto ou encore du Béninois Cyprien Tokoudagba, tous transmettent l’amour de la peinture et de l’art. L’ensemble nous fait découvrir un art africain résolument ancré dans ses racines, et qui puise dans une mémoire traditionnelle, tribale et populaire.

L'afrique En Capitale Musée Mohamed VI RT (19)

Dans une autre salle du musée, l’exposition « Mémorial » rend hommage à trois grands artistes photographes décédés. « Reportages maliens » met ainsi à l’honneur Malick Sidibé, aussi surnommé l’oeil de Bamako, et reconnu comme le pionnier du passage de la photographie de studio à celle de la rue. La mémoire de Leila Alaoui est saluée à travers sa série de portraits « Les Marocains » qui nous amène à découvrir la diversité des communautés du Maroc. Enfin, la série intitulée « Les musiciens de la transe« , composée de photos inédites d’Othmane Dilami, nous présente des œuvres à mi-chemin entre la photographie d’art et le reportage. Un véritable hymne à la diversité.

L'afrique En Capitale Musée Mohamed VI RT (30)

Dans le sous-sol du musée, l’exposition « Présence commune » met à l’honneur le peintre franco-congolais Kouka Ntadi, et le photographe franco-tunisien Wahib Chehata. Cette rencontre artistique narre deux expériences d’un retour aux origines en terre africaine de ces deux artistes.

Kouka Ntadi questionne l’identité et la dualité à travers une rétrospective picturale de ses quatre années de recherche sur le guerrier bantou.

L'afrique En Capitale Musée Mohamed VI RT (10)

Wahib Chehata, inspiré par les oeuvres de Caravage, Delacroix et Velasquez, dévoile pour la première fois sa série « Renaissance », hommage à la ville de Tombouctou. « C’est un travail qui s’est déployé sur deux ans. J’ai un lien très particulier avec les personnes qui posent. Quand je travaille, je leur montre le tableau duquel je m’inspire, je leur donne quelques éléments d’explication, puis je travaille avec leur corps, leurs regards, leurs postures. Chaque tableau est incarné, il y a une histoire derrière », explique-t-il Installé au Mali depuis 2014, l’artiste révèle l’Afrique du côté de la lumière et de la splendeur en confrontant les images référence de l’histoire de l’Art avec la civilisation africaine.  » Je donne une autre vision de certains tableaux célèbres. Mon objectif est de saisir le poids des corps et des âmes et de donner à l’individu une nouvelle humanité « .

L'afrique En Capitale Villa Des Arts RT (9)

Les amateurs du street-art ne sont pas en reste. Deux fresques de l’artiste ivoirien Médéric Turay décorent la façade du musée Mohammed VI. Une autre immense peinture murale illustrant une femme marocaine d’âge mûr orne la façade de la Caisse de dépôt et de gestion par l’Allemand Hendrik Beikirch. Une autre fresque conçue par le calligraphe marocain Tarek Benaoum hante le mur de la Bibliothèque nationale, tandis qu’une dernière, réalisée par le jeune artiste réunionnais AbeilOne décore les murs de la caserne des pompiers de Rabat.

« L’Afrique en capitale », c’est un mois consacré à diverses et intenses activités réparties sur 36 évènements et 18 espaces culturels de Rabat avec pas moins de 32 pays du continent représentés. « Nous avons voulu fêter notre africanité par le langage universel de la culture. Cette manifestation va davantage ancrer le Maroc sur le continent », explique Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées du Maroc.

Le grand public est convié à un véritable parcours de découverte à travers les œuvres d’art présentées dans les diverses galeries de la capitale, ainsi que des happenings d’art urbain sur les façades, sur les rames du tramway et celles du train navette Rabat-Casablanca. Un programme entièrement gratuit et accessible à tous.

Les autres expositions

  • L’Espace Expressions CDG abrite l’exposition « L’Étoffe des songes » du célèbre artiste malien, Abdoulaye Konaté. Cet artiste plasticien crée un dialogue avec le textile traditionnel marocain et les artisans de Fès.
  • À la Villa des arts, l’exposition de peintures et d’installations « Gaia à travers ses miroirs » nous parle d’origines, de fusions et de paradis perdus. Le lieu accueillera aussi tous les vendredis, des concerts mettant en avant des artistes africains installés au Maroc.
  • La galerie Bab Rouah où est présentée l’exposition « Flying Over Africa » survole les œuvres de 14 pays du continent à travers différents médiums.
  • La Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc révèle l’exposition « Patrimoine » ou le visiteur peut découvrir des panneaux photographiques d’anciens manuscrits africains et les subtilités de la calligraphie arabo-africaine.
  • L’exposition « Regards croisés » à la galerie Bab El Kebir fait (re)découvrir Rabat à travers l’objectif de photographes africains. Des voyages étonnants et parfois contradictoires où la réalité côtoie le rêve.
  • Le musée Bank Al Maghrib abrite la passionnante exposition « L’Or de l’Afrique ». L’occasion pour les visiteurs de découvrir la longue et riche histoire des relations millénaires du Maroc et le sud du Sahara. À travers une sélection d’œuvres et de monnaies frappées par les rois et les émirs, un regard inédit est apporté sur l’or de l’Afrique. Ainsi, or, argent, objets de luxe et même les sciences se croisent dans cette exposition qui permet de repositionner le Maroc dans l’histoire du continent et de présenter les sources de ses relations avec les pays africains.

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